photo Franck Moran

photo Franck Moran

Let it glow est la suite de Aqualast. C’est une histoire qui se poursuit pour Rover. Ce deuxième album en est un nouveau chapitre. Il a été écrit sur la route. Les voyages sont toujours de bons moments pour réfléchir, s’aérer l’esprit et trouver des idées neuves. Rover est parti avec un peu de matériel pour composer Let it glow, un album plus épuré et davantage dans la suggestion. Le romantisme, l’élégance sont toujours là. Interview avec Rover avant son passage vendredi 26 février au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen.

 

 

Vous a-t-il fallu faire le deuil du premier album pour écrire le deuxième ?

Absolument. Je ne voulais pas le faire revivre, le laisser baver sur le deuxième album. Aqualast a été une réussite qui aurait pu avoir un poids gênant. J’ai dû apprendre à clore cette aventure, comme on ferme un livre. J’avais envie de me sentir vierge dans cette écriture. Même si je savais qu’il y aurait une forme de continuité. Je reste la même personne et je ne vais pas révolutionner ma musique. Mais j’aime cette idée de creuser un sillon.

 

Let it glow n’est donc pas une réaction à Aqualast ?

Non, surtout pas.

 

Comment avez-vous réussi à, comme vous dites, fermer ce livre ?

Il faut vider la pièce dans laquelle vous vivez, rompre avec cette tranche de vie. J’ai beaucoup voyagé parce que la tentation est toujours forte de s’asseoir sur ce que l’on sait faire. Voyager est en effet un bon moyen d’évacuer certains démons. J’ai aussi profité du fait d’être attendu. Je trouve que c’est une chance de pouvoir s’exprimer une nouvelle fois. Après la dernière date de concert, j’ai pris trois jours de vacances et j’ai commencé à nouveau à écrire.

 

Est-ce que l’écriture est devenu une activité nécessaire pour vous ?

Oui, l’écriture est devenue vitale. Si un jour, je n’avais plus les moyens ou l’envie d’écrire, je transposerais cela en fabriquant du pain, en jardinant… Il existe de nombreux moyens d’expression. La musique a un aspect ludique qui me plaît bien.

 

Avez-vous une plus grande assurance ?

Je ne vais pas jouer les faux humbles. Il y a eu l’expérience de la tournée. Quand j’ai commencé à écrire ce nouvel album, je n’avais plus ces doutes inutiles qui font perdre du temps.

 

Pourquoi l’écriture reste un exercice solitaire ?

C’est toute la conception du projet Rover. Si je devais écrire avec quelqu’un d’autre, ce serait un nouveau projet. Mais cela ne va pas m’empêcher de vivre des collaborations avec d’autres artistes. Pour Rover, l’écriture est solitaire. C’est un autre voyage. Et ce n’est pas facile d’être seul. Il faut une force intérieure, assumer les imperfections et les prises de voix.

 

Vous sentez-vous aussi plus libre sur scène ?

Oui aussi. Je suis désormais décomplexé de pas mal de choses. Ce qui permet d’aller plus loin dans l’émotion. Sur scène, il n’y a pas de vide. Soyons justes. Il ne faut pas aller plus vite que la musique…

 

 

  • Vendredi 26 février à 20h30 au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Tarifs : de 18 à 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 73 95 15 ou sur www.trianontransatlantique.com
  • Première partie : Bel Plaine