Depuis plusieurs mois, artistes, acteurs culturels, personnes issues des champs social et éducatif se réunissent pour parler de démocratisation culturelle. Réunis au sein du Collectif culture et citoyenneté, ils ont présenté une charte avec huit engagements.

 

 

collectif culture citoyenneteC’est le premier acte ! Un premier acte qui prend la forme d’une charte. Le Collectif culture et citoyenneté fait ainsi huit belles promesses. Il y a la valorisation de la diversité de la création, quelles que soient les formes d’expression (professionnelles ou amateurs), les disciplines, les esthétiques. Il est aussi question de la place des artistes, sur scène et en dehors pour encourager, accompagner les pratiques artistiques et pour nouer des liens avec les publics. Sans oublier une participation active sur leur territoire. « L’artiste, en tant que citoyen, est générateur de lien social. Il faut sensibiliser son travail, intensifier sa présence sur le territoire scolaire, faire des lieux culturels des lieux ouverts », commente Yann Dacosta, metteur en scène.

 

Les membres du Collectif ont fait leur le premier article de la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle datant de 2002. « La diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire que l’est la biodiversité dans l’ordre du vivant ». Ils souhaitent désormais faire entendre leur voix et peser dans les différentes décisions prises par les institutions dans le domaine culturel.

 

Le fait n’est pas nouveau mais il a aujourd’hui encore plus de conséquences alarmantes. La démocratisation culturelle est un échec. Il est nécessaire de la repenser, de la réinventer, surtout dans un contexte de « profondes mutations sociétales, politiques, technologiques et artistiques », de restriction budgétaire « fragilisant le milieu social, culturel, éducatif et artistique ».

 

C’est un premier acte qui a été pleinement réfléchi. Et ce après les nouvelles remises en cause du régime de l’intermittence et les ateliers préparatoires aux Rencontres de la culture qui se sont tenues au 106 à Rouen en mars dernier. Pour Nadia Sahali, « cela a stimulé des envies, notamment nous inscrire dans un mouvement positif, dans la construction ». Des artistes se sont régulièrement rencontrés lors d’assemblées générales thématiques. A ce groupe se sont greffés des personnes issues de milieux sociaux et éducatifs différents. Leur volonté commune : défendre des valeurs humanistes.

 

C’est donc un premier acte qui en appelle d’autres. Certes les réflexions se poursuivent mais le Collectif culture et citoyenneté ne veut pas seulement rester dans la théorie. Il souhaite agir. Tout d’abord en devenant des Cigales, un service solidaire qui permet de faciliter la mise en place de projets. Il y a également le réseau ESPAACE dans lequel une compagnie professionnelle parraine et encadre une troupe de comédiens amateurs. Le 17 septembre, les Journées du patrimoine deviennent avec le collectif HF les Journées du matrimoine pour un marathon de la chanson dans le quartier Martainville à Rouen. Au Collectif culture et citoyenneté, tous les projets sont les bienvenus. « Nous mettons notre savoir-faire à disposition ».