Dans Le Caravage, Alain Cavalier, cinéaste infatigable, filme la relation étroite qu’entretient Bartabas et ses chevaux, notamment une de ses stars, Le Caravage. Il était samedi soir à l’Omnia à Rouen.

 

© Pathé Distribution

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Les passionnés de chevaux vont se régaler. Les amoureux des spectacles de Bartabas également. Avec Le Caravage, un long métrage proche du documentaire, on entre dans les coulisses du théâtre équestre Zingaro. Le guide ? C’est Alain Cavalier. « J’ai commencé à filmer Bartabas et ses chevaux dans un théâtre au Châtelet. Un sentiment a grandi en moi. J’ai été poussé par le plaisir de revoir ce cheval, cet être magnifique, plein de vitalité et d’innocence. C’est une matière extraordinaire à filmer. Cela dégage une joie d’être, un dynamisme ».

 

Pas étonnant que ces deux artistes aient pu se séduire mutuellement. Alain Cavalier et Bartabas mènent des aventures artistiques singulières, sont deux hommes discrets et silencieux. Dans le film, Le Caravage, place seulement à l’image et non au commentaire. « Quand je filme, je ne parle pas. Je suis là pour être le plus fidèle possible ». Et il n’y a pas besoin de mots pour comprendre l’amour que partage Bartabas et son cheval, Le Caravage et le travail effectué ensemble.

 

Pendant un peu plus d’une heure, Alain Cavalier raconte en effet les liens qui unissent un écuyer et un cheval à la robe dorée. Le cinéaste a tout d’abord capté des images sans l’intention de réaliser un film. Au fil du temps, s’est construite une dramaturgie puisque Le Caravage est tombé malade. Alain Cavalier filme au plus près la musculature impressionnante de l’animal, le regard, les oreilles, les flancs… Il assiste aux répétitions, aux soins quotidiens, aux câlins…

 

Seul avec la caméra

Avec Le Caravage, Alain Cavalier poursuit son aventure en solitaire. « Seul, on obtient un autre résultat. Face à une équipe, la personne est transformée. Donc, une partie du naturel s’évapore. L’idéal pour moi, c’est quand le filmeur et le filmé sont à égalité. Et cela permet des accidents heureux ». Et le cinéma idéal ? « C’est celui que l’on se fabrique dans la tête. Imaginez une personne dans un café en train d’attendre un être cher. Elle regarde la salle. Elle se fait des flashbacks sur cette rencontre et un film sur l’avenir. Comment ce moment si attendu va se dérouler ? On peut alors rêver à l’infini ».

 

Le cinéma d’Alain Cavalier est ailleurs, loin des « histoires stéréotypées avec des héros. J’ai réalisé quatre films que je ne renie pas du tout. C’était très passionnant. Mais je n’allais pas passer ma vie à mettre des gens en valeur et à gagner de l’argent ». Depuis 25 ans, Alain Cavalier fait son cinéma au fil des rencontres. « Je demande plus à la vie qu’au cinéma ».

 

 

 

  • Projection à l’Omnia à Rouen.