Écouter La Nuit des Perséides, c’est être plongé dans une série de songes. Biche signe un premier album de pop psychédélique, d’hier et d’aujourd’hui, légère et fraiche, qui invite à la nonchalance, à la paresse, à la rêverie, à une mélancolie douce. Le temps d’oublier une réalité brûlante. La recette : « passer du temps à ne rien ! Et bien le faire », extrait de la chanson L’Essor. Biche est le projet musical d’Alexis Fugain, lancé en 2012 avec quatre complices et ponctué d’un premier 45 tr, La Nébuleuse de Sienne. Le groupe sera en concert au festival Rock in the Barn qui se déroule les 14 et 15 septembre à la ferme de Bionval à Ecos. Entretien avec Alexis Fugain.

Quel a été le cheminement dans la recherche du son de Biche ?

Cela a été un peu long. Étant néophyte, même autodidacte, la première étape a été d’apprendre les bases, de comprendre comment tout cela fonctionnait. Il a aussi fallu que je fasse confiance à mes oreilles parce qu’il faut toujours faire confiance à ses oreilles. Tout cela fut donc un long apprentissage mais très agréable. 

Qu’est-ce qu’apprendre les bases ?

C’est juste apprendre à travailler avec les logiciels. Mais au bout du compte, cela ne me convenait pas. J’ai commencé à travailler à l’ancienne, avec de vieilles machines et avec Vincent (Hivert, ndlr), l’ingénieur du son. Après, on a équipé le studio. On a fait cet apprentissage. Ce qui nous a permis d’avoir une vue d’ensemble sur ce que nous voulions faire.

Est-ce que vous aviez néanmoins des idées précises ?

Oui, nous avions pas mal d’idées. Après avoir enregistré une première fois, nous n’avions pas réussi à avoir le son que nous recherchions. Nous nous sommes alors remis au travail et cela a été au-delà de nos espérances. Je suis né dans les années 1990 mais j’ai davantage écouté la musique des années 1970 avec ma famille, mes amis. Elle m’a beaucoup touché. Naturellement, je suis allé vers ce son-là. Je me retrouve beaucoup plus dans cette musique-là, plus organique, plus poussiéreuse.

Cet album, La Nuit des Perséides, est une rêverie. L’avez-vous imaginé de cette manière ?

Je ne sais pas. J’ai passé tellement de temps à travailler sur cet album… Ce qui comptait pour moi était de lui donner une ambiance particulière. Cela a demandé beaucoup de réflexion. Les atmosphères installées, la thématique de la chanson allait d’elle-même. Je pense que le prochain album sera plus instinctif, plus brut.

Êtes-vous un contemplatif ?

Complètement ! Je peux passer des heures, assis, à regarder un paysage ou un objet.

Et un mélancolique ?

Je suis quelqu’un d’extrêmement mélancolique. Cela va de pair.

Est-ce que vous avez eu besoin des ambiances nocturnes pour composer La Nuit des Perséides ?

Un an avant d’entamer le travail sur l’album, on était dehors. C’était l’été et on regardait les pluies d’étoiles filantes. Cela m’a donné un cadre spatio-temporel. J’avais besoin de ce cadre pour placer l’album dans une thématique, dans un concept global. Je me suis dit : l’histoire va se dérouler durant une nuit. Un personnage reste dans sa chambre et se laisse aller à la rêverie, pense aux modèles qui l’inspirent, dont François de Roubaix.

Est-ce que la nuit est inspirante ?

Pour moi, elle l’a été pendant très longtemps. Maintenant, j’essaie de travailler le matin. Cet album a été composé à 98 % pendant la nuit. C’est un moment apaisant, calme, silencieux. On est rarement dérangé. Pendant la nuit, on peut perdre ses repères. C’est une vraie rupture. Justement, cet album exprime une rupture avec la vie diurne.

Cet album évoque l’errance aussi.

Oui parce que le monde va trop vite. Aujourd’hui, quand on s’octroie du temps libre, on va faire du sport. Moi non. Mon père m’a souvent dit : même si on a du travail et parce qu’on a du travail, il faut savoir glander. Je n’ai pas lutté contre cela. C’est naturel chez moi et très appréciable. Je sais travailler pendant un long moment et de façon intense. Mais c’est une façon de se retrouver avec soi-même, de savourer le moment présent, de réfléchir, de se poser des questions. Un état méditatif est un puits d’idées.

Infos pratiques

  • Samedi 14 septembre à 17 heures, dimanche 15 septembre à 16 heures à la ferme de Bionval à Écos. Tarifs : 45,99 € les deux jours, 30,99 € une journée. Réservation sur www.rockinthebarn.com
  • Concert de Biche : dimanche 15 septembre à 16h45