Marianne Clévy a pris ses fonctions à la direction d’Arts 276 le 1er février. Nommée en décembre par le conseil d’administration présidé par Nicolas Rouly, cette spécialiste des écritures contemporaines retrouve une région où elle a travaillé pendant 8 ans. Sa mission : créer un festival au printemps 2016 associant littérature, théâtre, danse et arts plastiques.

 

Un manque. C’est un retour en Haute-Normandie pour Marianne Clévy. Femme pétillante, elle a coordonné un rendez-vous annuel consacré aux textes contemporains. Corps de Textes avait pour objectif de repérer, surtout de révéler au grand public des écritures nouvelles, des œuvres qui interrogent la société, se mêlent de politique et font débat. Après plusieurs éditions au centre dramatique régional, dirigé alors par Alain Bézu, le festival est devenu itinérant et européen.

Pendant quatre ans, Marianne Clévy a été secrétaire générale de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale, à Paris. « C’est un endroit que j’adore. C’est la seule maison dans le monde où il y a des personnes qui traduisent des textes contemporains ». Or, la part de travail de diffusion est absente dans ce lieu. « Il faut cultiver et faire grandir ces écritures. Il n’y a pas à la Maison Antoine Vitez une programmation, une prise de risque auprès du public. La question des publics, des territoires, la présence des artistes me manquaient ».

 

Un festival. Cet événement se tiendra au printemps. Quant à son nom, il sera dévoilé dans quelques semaines. Jusqu’à présent, Marianne Clévy s’est interrogé sur ce qu’est un festival. « Quelles sont son utilité, son humeur, son objectif ? Un festival, c’est une émancipation joyeuse, un moment où le temps est compté et doit faire trace ».

Le nouveau festival se veut « exigeant, intelligent » et ne sera « pas une rupture totale avec cet acquis » des éditions d’Automne en Normandie et de Terres de paroles. Pas question de parler de fusion. « Nous allons changer les paradigmes ».

 

Les ambitions. Le festival s’inscrit tout d’abord dans un territoire. « Cela n’existe pas partout : considérer un territoire et ses acteurs comme partenaires et spectateurs. Nous allons démontrer que nous n’avons pas fini avec la décentralisation. Il faudra faciliter les flux, les coproductions, les coconstructions avec des multitudes de compétences associées ».

Automne en Normandie avait cette ambition. Le prochain événement l’aura davantage parce que « l’international se trouve dans son ADN ». Et l’axe artistique sera donné par les écritures. Marianne Clévy insiste sur le pluriel. Ces écritures seront donc littéraires, chorégraphiques, musicales, poétiques… et « fondamentalement transdisciplinaires. Ce sera gourmand ».

Autre objectif : les actions artistiques et culturelles menées sur un territoire à partir du mois d’octobre et jusqu’en mai. « Elles enrichiront le festival qui deviendra un endroit de référence et un moment de restitution du travail des artistes ». Pas le seul parce que ce travail doit « s’exporter. Il faut créer les conditions pour que les artistes profitent de l’international. Marianne Clévy a eu cette expérience avec Corps de Textes, nomade dans neuf pays européens.

 

  • Le festival Terres de paroles se déroulent du 26 mai au 7 juin 2015.