Le Turak Théâtre revisite le célèbre opéra de Bizet dans Une cArMen en Turakie. La compagnie de Michel Laubu installe son bric à brac poétique jeudi 26 et vendredi 27 novembre au Volcan Niemeyer au Havre.

 

photo Romain Etienne

photo Romain Etienne

Inutile de chercher la Turakie sur Internet ou sur une carte. Ce pays existe seulement dans l’imaginaire foisonnant du Turak Théâtre. Depuis 30 ans, il est le décor de la compagnie lyonnaise qui invente des histoires tendres, drôles, décalées et poétiques avec tout un tas d’objets détournés, transformés et des marionnettes. « Nous menons des fouilles archéologiques dans le fond de nos poches, dans l’arrière boutique de notre mémoire. On y trouve des objets dont on n’arrive jamais à se débarrasser », explique Michel Laubu.

 

Dans nos mémoires, il y a aussi Carmen, l’opéra de Bizet. Pour le metteur en scène, « comme les objets, Carmen est dans nos mémoires. Même si on ne connaît pas exactement l’histoire, on est capable de chanter quelques airs ». Carmen, cette princesse aux pieds nus, libre et moderne, est à la fois une prédatrice et une victime de l’amour. Micaëla est fiancée à Don José, le brigadier séduit par Carmen qui devient l’amante du torero Escamillo.

 

Le rapport amoureux est au cœur de cette cArMen en Turakie. La nouvelle création du Turak Théâtre est certes fortement inspirée de l’œuvre de Bizet mais « nous nous sommes dégagés de toute référence historique et géographique ». Cette histoire se déroule non loin de la mer. « Nous avons eu la chance d’aller en résidence en Bretagne. Sur l’île de Sein, nous avons appris l’existence d’un phare marin, appelé Ar-Men, qui signifie la roche dure, et surnommé L’Enfer des enfers à cause des tempêtes. Il a fallu 16 années pour le construire. La création de l’opéra de Bizet s’est déroulée pendant la période de construction du phare. Tout cela nous a beaucoup intrigué », se souvient Michel Laubu.

 

Cette Carmen du Turak Théâtre est un opéra malicieusement bricolé avec des objets de la vie quotidienne. Par exemple, la bohémienne est fabriquée avec une toile de tente. Elle a pour cheveux des vinyles fondus. Quant à l’orchestre qui a été filmé, il est constitué de 40 crustacés et coquillages musiciens. Rodolphe Burger, complice du Turak Théâtre depuis plusieurs années, revisite les airs de l’opéra pour un chœur de poissons et un bernard-l’hermite en solo. Dans ce milieu marin, il y a de l’amour, de la passion et des tempêtes.

 

 

 

 

  • Jeudi 26 novembre à 19h30, vendredi 27 novembre à 20h30 au Volcan Niemeyer au Havre.
  • Spectacle tout public à partir de 8 ans
  • Tarifs : 17 €, 9 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com