C’est acté. Ce sera la dernière édition d’Automne en Normandie avant un nouvel événement au printemps 2016. Du 12 novembre au 9 décembre, le festival s’installe dans divers lieux de la région avec une programmation sur le thème de L’Humain e(s)t artificiel.

 

 

Les technologies, les biotechnologies, les nanotechnologies, la robotique… On les fantasme et on les craint. On les recherche pour améliorer notre quotidien et on les suspecte de différents maux. Néanmoins, elles envahissent nos vies, les bouleversent. Il sera question de ces révolutions dans la prochaine édition d’Automne en Normandie avec ce thème choisi par l’ancien directeur, Robert Lacombe, L’Humain e(s)t l’artificiel.

 

« Il y a toujours eu une volonté de partir de ce que les artistes proposent de notre époque. Ils s’interrogent sur ce rapport entre l’homme, l’artifice, la machine, le virtuel. Ce ne sont pas des questions récentes. Ce qui est nouveau, c’est ce mouvement d’artificialisation », commente Matthieu Bardiaux, directeur par intérim. « Les artistes abordent ce sujet sous différents angles. Ils s’emparent des technologies les plus pointues et sont aussi en réaction à ces technologies », poursuit Courtney Geraghty, directrice artistique.

 

Les machines sont omniprésentes dans les spectacles, que ce soit dans la forme, soit dans le fond, soit les deux. Point de départ de cette réflexion : Les Temps modernes de Chaplin qui porte un regard sur la production standardisée de masse, sur l’asservissement de l’humain. Une occasion de revoir ce film de 1936 lors d’un ciné-concert interprété par l’orchestre de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie.

 

Les artistes programmés lors d’Automne en Normandie s’interrogent tout d’abord sur le rapport entre l’homme et la machine, sur l’intelligence humaine. Oriza Hirata, metteur en scène japonais, donne une version nouvelle de La Métamorphose de Kafka avec des comédiens et un robot humanoïde. Dans Robot, Blanca Li réunit des danseurs et des robots sur une partition chorégraphique. Marta Górnicka va jusqu’à créer un Requiemachine.

 

Qu’en est-il de l’Homme social ? Au théâtre, art de l’artifice et de l’illusion, Robert Wilson met en scène Les Nègres de Jean Genet. Laurent Laffargue reprend Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux. La déshumanisation est au cœur des Particules élémentaires, un texte de Houellebecq et une mise en scène de Julien Gosselin, très remarqué au festival d’Avignon en 2013. Quel impact sur la nature ? Mette Ingvartsen questionne le rapport entre l’être humain et son environnement. Dans The Artificial Nature Project, elle dessine des tableaux de nature artificielle.

 

Automne en Normandie met enfin en parallèle high-tech et low-tech. Dans Germinal, Halory Goerger et Antoine Defoort recréent une société à partir de rien et beaucoup de bricolage. Magali Desbazeille et Siegfried évoquent l’évolution du langage dans C2M1 (C’est demain). Quant à Thierry Balasse, il a accumulé diverses machines pour jouer en live The Dark Side of the moon de Pink Floyd. Le compositeur Philippe Manoury poursuit ses recherches sur le lien entre musique et machine.

 

A noter également les trois Nuits de folie au 106 à Rouen, au Tetris au Havre et au centre dramatique national de Haute-Normandie. Trois moments pour découvrir performances chorégraphiques, concerts electro, cinéma, installation…

 

L’Humain e(s)t l’artificiel est un sujet vaste. Il fallait bien quelque 40 propositions pour aborder cette question. 40 spectacles à savourer d’autant plus qu’Automne en Normandie disparaît.

 

  • Du 12 novembre au 9 décembre en Haute-Normandie.
  • Ouverture de la billetterie samedi 13 septembre pour les abonnements et lundi 22 septembre pour les places à l’unité. Réservation au 02 32 10 87 07 ou sur www.automne-en-normandie.com
  • Programme complet : ici