photo Jean Pouget

photo Jean Pouget

Un nouveau projet artistique pour l’Opéra de Rouen Normandie est en réflexion. Catherine Morin-Desailly, sénatrice (UDI) de la Seine-Maritime, conseillère régionale de Normandie et présidente de l’EPCC souhaite de nouvelles ambitions pour la structure culturelle.

 

 

 

Vous retrouvez une structure que vous connaissez bien. Cette fois-ci en tant que présidente de l’EPCC.

Je connais la vie de l’Opéra en tant que spectatrice et aussi en tant que responsable politique lorsque j’étais élue à la Ville de Rouen. A ce moment-là, la Ville était le plus gros financeur. Ce fut un dossier difficile car il y a eu des épisodes douloureux. Il était donc nécessaire de stabiliser le projet. Après une étude, nous avons décidé de créer un établissement public de coopération culturel. C’était le premier en France. Nous avions également proposé un ambitieux programme d’investissement avec la rénovation de la cage de scène qui a coûté 10 millions d’euros. Aujourd’hui, la Ville de Rouen s’est mise en retrait et la Région est montée en puissance pour devenir le premier financeur de l’Opéra à hauteur de 7 millions d’euros. Je reviens au conseil d’administration avec beaucoup de satisfaction.

 

Quel regard portez-vous sur l’Opéra ?

Cette maison est ancrée dans une tradition musicale normande. Elle est le vaisseau amiral, le point fort de la politique culturelle. Aujourd’hui, l’Opéra est en bon ordre de marche. Je suis fière de dire que nous avons apporté un outil de partage et de stabilité. J’aborde cette présidence de façon partagée afin que toutes les collectivités s’approprient le projet. C’est le sens de l’EPCC.

 

Lors de la campagne électorale pour les élections régionale, Hervé Morin a défendu un opéra d’envergure national. Comment atteindre cet objectif ?

La réunification de la Normandie est une belle opportunité pour avoir une ambition plus forte, pour avoir une labellisation nationale. L’Opéra est un établissement unique dans la région. Nous avons fait le constat que l’on parle de cette maison nulle part. Il faut la faire connaître lors de tournées dans la région et en dehors de la Normandie. Cela est lié au degré d’ambition du projet. Nous avons mis en place un groupe de travail afin qu’un nouveau projet artistique soit réfléchi et réécrit. La réunification permet une mise en cohérence et en réseau des forces vives de la région.

 

Il faudra alors un orchestre plus important.

Si nous obtenons le label national, nous devrons avoir un orchestre symphonique avec 80 musiciens. Cela fait partie de notre réflexion. Tout comme pour la danse dont la place doit être renforcée. Il est important de créer des synergies avec d’autres structures, notamment le centre chorégraphique national du Havre. L’Opéra doit porter des projets plus ambitieux et plus forts.

 

Quelle place souhaitez-vous donner à la création ?

L’Opéra doit entrer dans un réseau plus large de coproductions avec des maisons à forte notoriété. Nous devons entendre à Rouen des voix de premier plan. Le rôle de l’Opéra est d’aller chercher de jeunes talents et aussi d’accueillir des artistes incontestés. Il faut tirer vers l’excellence.

 

Quels sont les moyens pour y parvenir ?

L’argent public est rare. Nous avons la chance d’avoir une région qui ne connaît pas de problèmes. Cependant, il est nécessaire de faire un bon usage de l’argent public. Chaque euro dépensé doit être un euro bien dépensé. Une évaluation précise et objective est importante pour confronter les projets.

 

Faudra-t-il une nouvelle direction pour ce projet ?

Nous sommes en phase de réflexion.

 

Quelle politique pour les résidences ?

Il faut préciser le sens de la résidence. Un projet opéra est pertinent s’il est cohérent. Il ne faut pas une juxtaposition de résidences. Cela doit avoir un sens et les ensembles doivent être associés à une partie de la programmation.