Olivier MellanoC’est un musicien qui l’on aperçoit le plus souvent dans l’ombre. Depuis dix ans, Olivier Mellano multiplie les projets, joue avec les esthétiques. Il a été aux côtés de Miossec, de Yann Tiersen, de Dominique A, dans différentes formations. Il a sorti il y a six mois MellaNoisEscape, un album brut et électrique. Olivier Mellano vient montrer une autre facette de son travail samedi 31 janvier à l’espace Jeunesse à Grand-Quevilly : un ciné-concert. Il a composé il y a dix ans une musique sur L’Aurore, un film lumineux de Murnau, tourné en 1927.

 

 

 

L’Aurore est le premier d’une série de trois ciné-concerts. Pourquoi ce film ?

Je suis tombé par hasard sur une des scènes de L’Aurore. C’était celle du lac. J’ai aimé l’énergie des acteurs qui offraient une large palette d’émotions. J’ai aussi trouvé le film assez moderne, pas trop expressionniste. Sa structure est plutôt bien faite. Pour moi, il était facile de construire quelque chose de musical.

 

Comment avez-vous travaillé sur ce film. Avez-vous besoin d’une immersion totale pour composer ?

Ce travail de composition m’a demandé trois semaines. La première, j’ai regardé le film en boucle. J’ai dû le voir 200 fois. J’improvisais. Quand un thème m’intéressait, je le mettais de côté. La deuxième semaine, j’ai davantage travaillé sur la construction globale, sur les enchaînements permettant de passer d’un thème à un autre. Lors de la troisième semaine, j’ai poli l’ensemble et j’ai beaucoup joué afin de me mettre la musique en main.

 

Avez-vous procédé de la même manière pour les deux autres ciné-concerts, Duel de Spielberg et Buffet froid de Bertrand Blier ?

Oui, de la même manière. Même si ces deux films sont différents de L’Aurore. C’est pour cela que je les ai choisis. Pour Duel, j’ai enlevé la bande son, les sous-titrages et j’ai dû trouver des chevilles de narration. Pour le troisième, j’ai eu envie d’accompagner les dialogues. En fait, les trois ciné-concerts se répondent.

 

Quand vous composez, vous mettez-vous au service d’une histoire, d’une image… ?

La musique est au service du film. Je me vois comme un filtre du film. Je retransmets les émotions pour donner un éclairage particulier aux images. Je vais toujours dans leur sens.

 

Envisagez-vous un quatrième ciné-concert ?

Non et je ralentis les ciné-concerts. Je ne veux pas me spécialiser là-dedans.

 

Vous jouez L’Aurore depuis plusieurs années. Etes-vous tenté par l’improvisation ?

En fait, je n’ai pas beaucoup de marges de manœuvre. Tout est très structuré. Mais, chaque ciné-concert est différent parce que l’interprétation n’est jamais la même.

 

 

Vous avez aussi composé pour le théâtre avec Stanislas Nordey. Est-ce le travail pour le cinéma et le théâtre est semblable ou différent ?

Il y a des points communs. Il faut suivre une narration. Cependant, au théâtre, on est dans une narration plus vivante qu’au cinéma. On est sur le texte. C’est le centre de tout. Je trouve très intéressant tout le travail effectué en amont sur l’écoute, la lecture… Il permet d’aller au fond des choses. Par ailleurs, Stanislas Nordey me donne toute latitude pour composer. Je retravaille avec lui sur Affabulation de Pasolini.

 

Parmi tous ces projets, il y a MellaNoisEscape, votre projet solo.

Là, c’est de la musique pure. Cela me manquait. J’avais envie de me retrouver seul, de prendre le contrepied de ce que j’ai pu faire précédemment. J’ai donc travaillé tout seul avec un tas de machines. Dans cet album, il y a une énergie plus brute et j’ai considéré la voix comme un instrument.

 

 

  • Samedi 31 janvier à 20 heures à l’espace Jeunesse à Grand-Quevilly. Entrée libre.
  • Première partie : les jeunes et l’équipe de l’Espace jeunesse présentent la bande-annonce du court-métrage La Fontaine Saint-Laurent qu’ils ont réalisé lors d’un séjour sous le projet « Paranormal Espace« 
  • Vendredi 20 février à 20h30 au Tetris au Havre en première partie du concert de Miossec. Tarifs : de 24 à 17 €. Réservation au 02 35 10 00 38 ou sur www.letetris.fr