La saison du cirque-théâtre à Elbeuf commence les 9 et 10 septembre avec Bords de Seine. Yveline Rapeau, directrice du lieu, a voulu une programmation éclectique à l’image de la création contemporaine pour fêter les dix ans du lieu.

Même si l’histoire du lieu a commencé il y a plus de 100 ans, le cirque-théâtre à Elbeuf, salle de spectacles unique en son genre, a 10 ans. Il a rouvert ses portes au public en décembre 2017. 10 ans qui ont marqué une autre histoire, celle du cirque. Cette discipline artistique a en effet connu pendant toutes ces années une profonde évolution avec l’arrivée de jeunes artistes. De nouveaux créateurs donc avec d’autres envies. Tout ce monde se retrouve désormais dans la grande famille du cirque contemporain. « Au début, c’est sorti de nulle part. On voyait émerger de nouvelles initiatives de collectifs et on se demandait ce que tout cela allait devenir. L’année suivante, nous avons eu davantage de propositions artistiques… Naissait un nouveau courant artistique qui n’était pas éphémère. Cela s’est ensuite accompagné de la création des pôles nationaux des arts du cirque sur tout le territoire », rappelle Yveline Rapeau, directrice du cirque-théâtre à Elbeuf.

Aujourd’hui, le cirque contemporain est pluriel. Autant dans ses écritures que dans ses propos et ses esthétiques et ses formats. Il se marie au théâtre, à la danse, à la musique. « Quand on dit cirque contemporain, on n’a rien dit. Il y a le même diversité d’écritures dans le théâtre et la danse ». Il regroupe quatre générations d’artistes. Selon Yveline Rapeau, « c’est l’âge d’or avec une première génération qui est en train de passer la main. Elle a un désir de transmission, de travail avec les petits nouveaux. Les cadets des générations 2 et 3 forment aussi les plus jeunes. Les petits derniers prennent en compte le travail des premiers défricheurs ».

Quatre générations

Dans la nouvelle saison du cirque-théâtre d’Elbeuf figurent les quatre générations qui n’ont cessé de renouveler les écritures. « Notre rôle est d’accompagner les courants, de veiller aux équilibres entre les formes dans la programmation ». Après l’année de la vache, c’est la saison de la poule. Une poule blanche qui semble bien perdue sur sa ligne jaune. Contrairement au fildefériste, elle est restée au sol.

Pour trouver des points de repère dans cette diversité, Yveline Rapeau a à nouveau imaginé la saison du cirque-théâtre avec différents temps forts. Point de départ samedi 9 et dimanche 10 septembre avec des Bords de Seine et un parcours artistique ponctué par trois spectacles des compagnies Rhizome, La Migration et La Geste. Le temps d’un week-end, Hauts et courts réunit des formes petites et ambitieuses à voir dans des espaces insolites du cirque-théâtre. Le Temps des créations est le moment des découvertes, des premières du Galactik Ensemble, de La Main de l’homme, de la compagnie In Vitro et de Yoann Bourgeois. Dans les Grands Formats, le cirque se mêle de musique avec Piano sur un fil de Gaëtan Lévêque. Les jeunes artistes de l’Académie Fratellini partagent leur rêve américain dans Un Garçon à New York. La Machine de cirque s’emballe avec des acrobaties périlleuses. The Rat Pack s’inspire du cinéma des années 1930 dans Speakeasy. Les Colporteurs et la compagnie Pagnozoo se promènent toujours avec leur chapiteau. Autre temps fort de la saison : Spring, festival normand depuis la saison dernière, qui fait la part belle aux nouvelles écritures circassiennes.