C’est un fin mélodiste. Il le prouve à nouveau dans son quatrième album, Sympathetic Magic, sorti le 21 avril. Peter von Poehl est en concert jeudi 27 avril au 106 à Rouen.

Il compose pour lui, pour les autres, pour le cinéma, pour la danse. Peter von Poehl multiplie les collaborations. « J’ai de la chance. Cela me permet aussi de glaner beaucoup d’idées aux côtés des autres. Ce qui m’inspire pour mes propres disques ». Il le raconte quelque peu dans ce dans son quatrième album, Sympathetic Magic, sorti le 21 avril. Un titre qu’il ne faut pas traduire mot à mot. « J’ai voulu signifier le fait qu’un objet puisse prendre une importance en dehors de sa fonction, l’idée d’apporter un sens à un geste, une action ». C’est la manière dont une chose peut avoir une influence sur une personne.

Dans Sympathetic Magic, le musicien se montre toujours aussi audacieux et exigeant. Il croise divers univers et fait une sorte de synthèse de ces aventures artistiques menées à plusieurs ou en solo. Il y a toujours cette mélancolie légère et douce, cette pop élégante et délicate, cette voix à la fois fragile et rassurante. Peter Von Poehl crée des ambiances poétiques et apaisantes. Cette fois, il ajoute des sons de vieux synthés retrouvés dans le grenier de la maison familiale. « Pour chaque disque, il faut un élément déclencheur, une excuse pour commencer un travail. A Malmö, j’avais d’anciens instruments. Un jour, mes parents m’ont dit : soit tu viens les récupérer, soit on les jette. J’ai alors tout ramené dans mon studio à Paris. Ces synthés ont été un peu comme ma Madeleine de Proust. Quant j’ai commencé à écrire, plein de souvenirs sont revenus à la surface. C’était comme si j’étais dans ma chambre d’ado. Tout cela a été déterminant ». Sympathetic Magic a cette touche electro et psychédélique qui vient enrichir les sonorités des cordes et des vents.

Atteindre la justesse

L’autre élément déclencheur, « c’est le texte. J’aime beaucoup le son des mots. Je n’oublie pas pour autant leur sens et l’émotion qu’ils peuvent transporter ». Pour Peter von Poehl, tout a son importance. « Travailler avec des danseurs m’a appris à être juste. J’ai vu dans leurs gestes qu’il y avait toujours une justesse. J’ai appliqué cela à la musique de cet album. Je me suis obligé à réfléchir à ce que chaque note signifiait. En fait, il faut toujours que l’intention soit bonne ». Pas facile d’atteindre cette justesse en phase de composition. « Je fais confiance au temps. Il n’y a que lui qui peut me le dire. J’écris et je laisse mon travail reposer pendant une période avant d’y revenir. Ce sont les images qui transparaissent qui me disent si ma chanson fonctionne ou pas. C’est complètement irrationnel tout cela. C’est pour cette raison que je ne sors pas beaucoup de disques. Je laisse beaucoup de place à cet irrationnel ».

 

 

  • Jeudi 27 avril à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 20 à 11 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Première partie : Fishbach