Violaine Cochard, au clavecin, et Édouard Ferlet, au piano, forment un duo musical unique. Mercredi 4 octobre, à la chapelle Corneille à Rouen, les deux musiciens interprètent des œuvres de Bach, Satie et des compositions originales du pianiste. C’est le premier rendez-vous des Variations Bach imaginé par l’Opéra de Rouen Normandie.

C’est un mariage étonnant. Surtout un mariage heureux. Pourtant, jusqu’alors, rien n’incitait à une alliance entre le clavecin et le piano. Violaine Cochard, claveciniste très connue dans le milieu baroque, et Édouard Ferlet, pianiste de jazz et compositeur, ont tenté l’expérience. Et le résultat est saisissant. Les deux musiciens qui viennent d’univers complètement différents parviennent à une belle osmose. A découvrir mercredi 4 octobre à la chapelle Corneille à Rouen.

Dans l’histoire musicale, l’association des deux instruments reste très rare. Parce que, normalement, le clavecin et le piano, « ça ne peut pas marcher ensemble. Déjà au niveau acoustique. Le piano est plus puissant. Il est fait pour être joué dans de grandes salles. Alors que l’on retrouve le clavecin dans les salons. Donc il faut le sonoriser », explique Édouard Ferlet. Ce n’est pas tout. « historiquement, ce sont des répertoires qui n’ont rien à voir. Le clavecin et le piano n’ont pas de pages musicales en commun. Le pianiste s’est emparé du répertoire du clavecin. Mais pas l’inverse en raison des contraintes techniques. La tessiture du clavecin est différente de celle du piano. En fait, il manque des notes. On ne peut pas tout jouer. Notamment les œuvres de Chopin », poursuit Violaine Cochard.

Une libre exploration

S’ils appartiennent à deux mondes musicaux, Édouard Ferlet et Violaine Cochard ont néanmoins une passion commune pour Bach. Pour la musicienne, « c’est un monstre de la musique. Il a beaucoup écrit pour le clavecin. Et quand on est claveciniste, on joue Bach. C’est l’incontournable ». Quant à Édouard Ferlet, il considère les pièces du Cantor de Leipzig comme « très inspirantes. Il permet également de travailler le son et le toucher. Il y a un rapport entre le jazz et la musique de Bach, un lien fort harmoniquement ».

Bach a donc réuni Violaine Cochard et Édouard Ferlet. Ils n’interprètent pas les pièces de Bach mais jouent avec elles. Le compositeur aime réécrire quelques pages musicales : « je pars de la partition originale pour construire un nouveau morceau. Parfois, je dévie, j’utilise des motifs, j’inverse des notes, je déforme les pièces avec mon ordinateur ». C’est une exploration libre du répertoire de Bach. C’est aussi un prétexte à l’improvisation. Pour Violaine Cochard, « c’est très nouveau pour moi », confie-t-elle. « Dans le baroque, il n’y a pas tant d’improvisation. Cela se fait autour d’une note écrite. C’est très balisé. C’est déstabilisant mais j’aime bien. Il s’instaure un nouveau rapport avec le public et avec l’instrument ».

Depuis leur première rencontre sur France Musique, Violaine Cochard et Édouard Ferlet naviguent toujours aussi librement dans divers répertoires, s’ouvrent sur d’autres horizons sonores. Après Bach plucked, unplucked, titre du premier album, un deuxième est en préparation. Il sera enregistré fin janvier 2018 en région parisienne.

  • Mercredi 4 octobre à 20 heures à la chapelle Corneille à Rouen. Tarifs : 25 €, 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr