Des nocturnes, des ballades, des polonaises et des mazurkas : c’est le répertoire du concert donné par Rémy Cardinale sur un piano Pleyel n°8888, restauré en 2017. C’est dimanche 10 juin à la chapelle Corneille à Rouen avec l’Académie Bach.

Un musicien. Rémy Cardinale poursuit son compagnonnage avec l’Académie Bach. Plusieurs fois récompensé, le pianiste et pianofortiste se promène avec aisance dans les répertoires de toutes les époques. C’est néanmoins sur la musique du XIXe siècle qu’il effectue un travail plus approfondi. Que ce soit en solo ou avec son ensemble, L’Armée des Romantiques, programmé au Festival de musiques anciennes à Arques-la-Bataille. Rémy Cardinale a une autre préférence : l’interprétation des partitions sur des instruments historiques. Pour ce concert dimanche 10 juin, à la chapelle Corneille à Rouen, le musicien jouera des pièces de Frédéric Chopin sur un piano Pleyel, fraichement restauré.

Un piano. C’est un instrument qui a une longue histoire. Ce « grand queue de concert » a été fabriqué par la maison Pleyel en 1841 sous le numéro 8888. Il a été vendu 2 500 francs au comte Alexis Pillet-Will, banquier et fils du fondateur de la Caisse d’épargne de Paris, grand amateur de musique et ami de Rossini qui lui dédia sa Petite Messe solennelle. Pour Rémy Cardinale, « c’est une pièce de collection unique. Il a un son typiquement Pleyel de ces années-là. Les marteaux sont garnis de cuir. Ce qui lui donne une tonalité douce. Pleyel s’était spécialisé dans cette couleur sonore ». Pour le musicien, « c’est très inspirant, expressif. L’instrument demande une autre interprétation parce qu’il guide vers des chemins inconnus. Il faut écouter ce qu’il propose. Ce qui m’oblige à penser Chopin autrement et retrouver l’aspect romantique ».

Chopin qui arrive à Paris en 1831 a entretenu des liens d’amitié avec Camille Pleyel, le fils du fondateur de l’entreprise et le plus grand facteur de cette époque. « Il a été un grand servant de cette marque. Comme l’instrument n’a pas été vendu à n’importe qui, on aime à penser que Chopin a essayé ce piano. Mais nous n’avons pas de preuve », remarque Rémy Cardinale.

Un répertoire. « Je me suis fait plaisir », confie Rémy Cardinale lorsqu’il évoque le répertoire du concert consacré à Frédéric Chopin (1810-1849). Au programme : des Nocturnes, des Polonaises, des Mazurkas, des Ballades pour « varier les ambiances. On passe de rêveries à des pièces brillantes, d’instants intimes à des moments héroïques. Chopin arrive à Paris à la fin de l’année 1831 et il compose pendant vingt ans des œuvres complètement différentes ». Douze pièces à redécouvrir dans une nouvelle esthétique musicale.

  • Dimanche 10 juin à 11 heures à la chapelle Corneille à Rouen. Tarifs : 20 €, 10 €, gratuit pour les moins de 18 ans. Réservation sur www.academie-bach.fr
  • Prélude au concert à 10 heures à l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen. Entrée libre