photo Jessy Siegel

photo Jessy Siegel

Entre le CEM et Elliott Murphy, il y a une longue histoire. Entre les musiciens havrais, notamment Olivier Durand, et l’artiste américain, les liens noués depuis de nombreuses années ne se sont jamais distendus. Elliott Murphy, installé en France, promène son blues-rock avec le Normandy All Stars. Il était présent pour les 20 ans du CEM. Il revient pour le nouvel anniversaire, le Super 30 qui se déroule pendant toute cette année 2016. Elliott Murphy donne un concert au Sonic au Havre samedi 2 avril

 

Vous avez fêté les 20 ans du CEM. Etait-il naturel pour vous d’être présent pour les 30 ans ?

Je suis arrivé en France le 14 Juillet 1989  et j’y suis resté. Cela fait maintenant plus de 25 ans. Pour moi, venir en France était un fantasme, une fascination. C’est devenu un attachement En fait, je suis devenu en quelque sorte patriote de mon pays d’adoption. J’ai ainsi suivi les traces de nombreux artistes américains et écrivains comme F. Scott Fitzgerald, Henry Miller et Jim Morrison qui vivaient en expatriés en France. Ma relation avec le CEM a commencé avec ma relation avec Olivier Durand qui est un guitariste merveilleusement talentueux. Nous jouons ensemble depuis plus de 20 ans et notre relation musicale ne cesse de s’intensifier.

 

Comment qualifieriez-vous l’histoire entre la France et vous ?

Entre La France et moi,  c’est une longue histoire d’amour depuis ma première visite à Paris en 1971 où  j’ai été immédiatement subjugué par la beauté de ce pays. Certains disent que la France n’est pas vraiment un pays de rock and roll. Je pense qu’elle est un terreau pour la littérature et la poésie. Ses paysages en sont très changeants. Quand vous roulez du Havre à Marseille en un seul jour, c’est comme si vous traversiez plusieurs pays. Depuis ce tube avec ma chanson Anastasia écrite en 1977, ma musique a toujours été bien acceptée en France. Et le public français toujours bien apprécié ma musique et mon écriture. Plusieurs de mes romans Marty May, Poetic Justice et nouvelles ont finalement été publié ici .

 

Qu’avez ressenti lorsque vous avez été nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres ?

Pour un Américain à Paris, c’est un immense honneur. La France est reconnue pour sa fameuse exception culturelle dans le monde entier et ça été en effet un vrai plaisir que de recevoir cette décoration. J’ai le sentiment d’appartenir à cette exception.

 

Pourquoi êtes-vous revenu sur votre album Aquashow ?

Aquashow était mon premier album et il occupe une place particulière dans mon cœur. Bien qu’il ait été réédité plusieurs fois, il est encore difficile à trouver et c’est à la demande répétée de nombreux fans que j’ai eu envie de faire un nouvel enregistrement de ces dix chansons originales. C’est mon fils, Gaspard Murphy, qui a produit, arrangé cet album et qui a suggéré cette nouvelle approche musicale. Je pense que toutes les chansons d’Aquashow ont gardé leur âme sur Aquashow Deconstructed.

 

Comment cet album vous a ensuite accompagné dans votre démarche créative ?

Aquashow Deconstructed a été comme prendre un long chemin dans la forêt et enfin arriver à un magnifique point de vue où vous pouvez voir où vous avez été et aussi où vous allez. Ce fut un moment plein d’émotion que d’interpréter ces chansons à nouveau après quarante-trois ans. Je dis que cet album marque le point à mi-chemin dans ma carrière musicale !

 

  • Samedi 2 avril à 20h30 au Sonic au Havre. Tarifs : 20 €, 17 €. Réservation au 02 35 22 70 65.
  • Projection de The Second Act of Elliott Murphy samedi 2 avril à 16 heures au Sirius au Havre.