photo Morgan Conan-Guez

photo Morgan Conan-Guez

Moriarty se promène à nouveau entre deux mondes, confronte les vivants et les fantômes. Des voyages que le groupe effectue dans ses différents albums. Sorti le 30 mars, Epitaph raconte des histoires de femmes plutôt tragiques, s’inspire du Maître et Marguerite de Boulgakov… Ce sont des ballades blues-rock, plus groovy. Ce quatrième album s’avère bien plus joyeux que ne laisse penser son titre. Moriarty joue vendredi 24 avril au Tetris au Havre. Interview avec Arthur, guitariste.

 

 

 

Vous avez repoussé la sortie de ce quatrième album, Epitaph. Pourquoi ?

Nous l’avions enregistré l’été dernier. Finalement, nous n’étions pas satisfaits. Nous avons dû réenregistrer en urgence en novembre en quatre jours à Paris dans les studios Ferber avec Renaud Letang.

 

Qu’est-ce qui ne vous satisfaisait pas ?

C’est toujours compliqué tout ça. La magie ne s’est opérée lors de l’enregistrement. Nous avons seulement gardé deux chansons. En fait, nous voulons que nos albums soient à l’image de nos musiques, avec des accidents, des détours…

 

Seul le travail dans l’urgence permet cela ?

Nous ne travaillons pas très souvent de cette manière. Cette fois-ci, nous étions le dos au mur. C’est vrai qu’il y avait une sorte d’énergie directe. D’ailleurs, cela se ressent un peu sur l’album.

 

Une épitaphe est une inscription qui rappelle le souvenir d’une personne. Est-ce qu’il y a une volonté de laisser une trace ?

Je n’avais pas pensé à cela. En fait, la lecture d’un album se fait toujours à plusieurs niveaux.

 

Vous faites côtoyer les vivants et les morts.

Nous voyageons beaucoup et nous rencontrons de nombreux musiciens, de la Réunion, de l’Inde, de Finlande. En les côtoyant, il apparaît un trait commun : la non-séparation entre les vivants et les morts. Cela nous a beaucoup touchés. Quand on chante, on sent que les fantômes sont présents. Il y a peu de temps, nous avons joué dans un crématorium. Nous avons donné un petit concert devant une soixantaine de personnes qui étaient ravis que la musique accompagne leur proche.

 

 

 

Epitaph est à nouveau une grande traversée dans le temps et dans l’espace.

Oui, comme tous nos disques. Ce sont des assemblages, le fruit de collectes de matières sonores travaillées en studio. Nous évoquons des histoires qui se sont déroulées il y a longtemps. En fait, ce sont elles qui nous choisissent. Il nous est assez difficile de dire pourquoi nous avons choisi celles-ci et pas les autres.

 

Dans cet album, certains chansons sont inspirés du Maître et Marguerite de Boulgakov. Pourquoi ce livre ?

C’est un livre que j’aime beaucoup. Je le trouve moderne. Sa forme n’a pas du tout vieilli. C’est aussi un livre dont on peut s’inspirer pour écrire un roman musical. Je l’ai présenté aux autres membres du groupe et j’ai eu un assentiment général. Dans Le Maître et Marguerite, il y a des chats – une personne adore les chats – des histoires d’amour, du comique, certains moments d’actions et d’autres plus métaphoriques. Donc, il avait pas mal d’atouts.

 

Avant la sortie de l’album, le groupe a effectué diverses collaborations. Certains membres ont notamment travaillé avec Marc Lainé dans Vanishing Point qui sera présenté au CDN de Haute-Normandie la saison prochaine.

Ces collaborations sont très importantes pour nous. Nous fonctionnons un peu de manière anarchique et chaotique. Cela fait du bien d’avoir d’autres créations ailleurs. Cela vient régénérer notre génétique interne.

 

 

  • Vendredi 24 avril à 20h30 au Tetris au Havre. Tarifs : de 24 à 18 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur www.letetris.fr
  • Première partie : King Biscuit