Rush, le festival du 106 à Rouen, se poursuit cette semaine avec une série de conférences et de concerts. Arnaud Contreras, documentariste, photographe, auteur de Sahara Rocks !, raconte ses voyages dans le Sahara depuis 15 ans.

 

Bombino, le Hendrix d'Agadez photo Arnaud Contreras

Bombino, le Hendrix d’Agadez
photo Arnaud Contreras

Pour Arnaud Contreras, il n’y a pas de voyage sans projet. « J’ai besoin d’un prétexte pour me pousser à rencontrer les autres ». Depuis 15 ans, il parcourt le Sahara. Il rencontre les habitants, photographie, filme ce qu’il voit et ce qu’il entend dans le désert. Tout ce travail se retrouve dans un livre Sahara Rocks !. Lors de Rush, Arnaud Contreras qui présente plusieurs clichés de musiciens donne mercredi 3 juin une conférence sur les liens entre les cultures traditionnelles et les nouvelles technologies.

 

Arnaud Contreras est parti pour la première fois au Sahara occidental en 1994. « Mon premier vrai voyage date en fait de 1996. On avait gagné une bourse de l’aventure qui récompensait un projet photographique sur la mémoire archéologique au Sahara ». C’est donc le patrimoine qui fait venir Arnaud Contreras dans le désert. « Il y a de magnifiques vallées avec des peintures rupestres. Ce sont des grottes de Lascaux à ciel ouvert. Ce voyage a été l’occasion de rencontrer des gens qui ont parlé du rapport qu’ils entretenaient avec ce patrimoine. C’est un bon moyen d’approcher les habitants, les hommes comme les femmes. Beaucoup de femmes sont impliquées en politique ».

 

Et la musique dans tout cela ? Elle arrivera assez rapidement puisqu’elle est liée à la poésie, au conte, aux légendes… Tout un patrimoine oral sur lequel s’est penché Arnaud Contreras. La musique est aussi un moyen de porter des revendications politiques. « Les cassettes étaient d’ailleurs interdites de circulation. On pouvait être emprisonné si on écoutait certains styles ».

 

La musique fera revenir Arnaud Contreras très régulièrement dans le désert. Le documentariste aura ainsi le temps d’observer les changements de pratique et de circulation avec l’arrivée des nouvelles technologies. Avec Internet et les téléphones portables, les musiques traditionnelles se croisent et se nourrissent. « Cela crée de véritables réseaux ». La musique est devenue encore plus nomade.

 

  • Mercredi 3 juin à 20 heures au 106 à Rouen. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Conférence gratuite avec Sidi Ag Issa du groupe Tiwitine