Au premier acte du Courtivore, le public a sélectionné pour la finale Calamity de Maxime Feyers et Séverine de Streyker. Qui aura les faveurs lors de la deuxième séance du festival rouennais consacré au court métrage ? Réponse mercredi 23 mai au cinéma Ariel à Mont-Saint-Aignan après la projection de huit nouveaux films, dont Cajou de Claude Le Pape.

Laurent a 20 ans. Une journée compliquée s’annonce pour ce garçon qui doit passer son permis de conduire. Avant l’épreuve, il doit suivre une dernière leçon avec un moniteur pénible et blessant, aider son père qui perd les pédales et se trimballer un vieux bonhomme qui a aussi quelques absences. Pas facile de se concentrer dans ces conditions. Mais Lolo, un garçon profondément gentil, sait rester impassible…

Avec Cajou, projeté mercredi 23 mai lors de l’acte 2 du Courtivore, Claude Le Pape signe un court métrage drôle et absurde. « J’ai l’habitude d’écrire des histoires pour les autres. Cette fois, j’ai eu envie de tourner un film très personnel ». Elle aborde les relations compliquées entre un père et son fils. Les deux ne parviennent pas à se comprendre. Un père, « anti-repères », parfaitement interprété par Jackie Berroyer qui laisse planer un doute sur son état de santé mentale. Et un fils, joué par Laurent Le Pape, frère de la réalisatrice et scénariste, énigmatique : « c’est de lui dont je voulais parler dans le film. Il est en retrait mais sensible. Il y a chez lui un truc fragile qui est très touchant ». 

Une première réalisation

Le sujet de Cajou n’est certes pas nouveau mais Claude Le Pape le traite avec un ton décalé qui remplit les deux personnages principaux de mystère. « Je n’arrive pas à écrire au premier degré, de manière frontale. J’ai toujours raconté les histoires comme cela. J’aime bien insérer un peu d’absurdité. Peu importe si elle suscite le rire ou pas ».

Avec Cajou, Claude Le Pape est passée pour la première fois à la réalisation. Elle connaît les plateaux depuis le tournage de Saint-Cyr de Patricia Mazuy (2000) avec Isabelle Huppert. « J’avais 12 ou 13 ans. J’étais figurante. J’avais un mini rôle mais j’y suis restée 21 jours. Ce moment m’a vraiment marquée. C’était le cinéma, que j’avais imaginé quand j’étais toute petite, avec des costumes, des perruques, des décors… »  Son histoire avec le cinéma remonte plus loin. « Je suis toujours allée voir beaucoup de films. Combien de fois mes parents m’ont laissée au cinéma… Ce qui m’intéressait, c’était surtout comment on fabriquait les films, quels étaient les différents métiers… Du coup, j’ai regardé pas mal de making-off. Travailler dans le cinéma est une volonté de toujours ». A la sortie de la Fémis, en 2011, Claude Le Pape est devenue scénariste. « C’est arrivé par hasard ». Elle a travaillé avec ses copains de l’école, Thomas Cailley pour Paris-Shanghaï et Les Combattants, Hubert Charuel, pour K-Nada et Petit Paysan, un scénario pour lequel elle a reçu un César.

Le Courtivore, acte 2

  • Cajou de Claude Le Pape, fiction
  • Panthéon Discount de Stephan Castang, fiction
  • (Fool Time) Job de Gilles Cuvelier, animation
  • Punchline de Christophe M. Saber, fiction
  • Jää (Ice) d’Anna Hints, fiction
  • (Encore) Une Séparation de Michaël Bier, fiction
  • The Barber Shop de Gustavo Almenara et Emilien Cancet, documentaire
  • Vihta de François Bierry, fiction
  • Mercredi 23 mai à 20 heures au cinéma Ariel à Mont-Saint-Aignan. Tarif : 4 €.