Fées, c’est le portrait d’un jeune homme, réfugié dans sa salle de bains. David Bobée, directeur du CDN de Normandie Rouen, présente une troisième version de cette pièce durant tout l’été à Rouen dans le cadre de Normandie impressionniste.

 

photo Arnaud Bertereau

photo Arnaud Bertereau

C’est une des premières mises en scène de David Bobée, directeur du CDN de Normandie Rouen. Fées arrive après Res/Persona et avant Cannibales. Ces trois pièces écrites par Ronan Chéneau interrogent la place de l’individu dans une société. Pour le metteur en scène, c’est un nouveau retour à Fées, un texte joué à partir de lundi 6 juin et pendant tout l’été à Rouen.

 

Il y a eu la création en 2004 par de jeunes artistes. « Nous avions tous 25 ans. Nous sommes les enfants de la génération 1968, celle qui a eu l’impression de changer le monde. Nous débarquions tout en voyant arriver le monstre et nous nous demandions si nous avions les armes pour le combattre », se souvient David Bobée. Parce que 2004, « c’est le début de l’ère Sarkozy. La pensée libérale décomplexée s’impose ». La première reprise a eu lieu en Russie en 2010 à un moment où « Poutine accédait au pouvoir ». Et en 2016 ? Le contexte n’est pas plus apaisé avec un renforcement du sentiment de la peur de l’autre, du repli sur soi.

 

Dans Fées, un jeune homme, désenchanté, se trouve dans sa salle de bains, lieu de l’intimité, pour se couper du monde. Des fées, malicieuses, bienveillantes ou tentatrices, lui soufflent le bruit de ce monde pour « le faire accoucher d’une parole ». Le personnage évolue au fil des créations. Il est dans cette reprise un garçon de confession musulmane. « Qu’est-ce avoir 25 ans aujourd’hui lorsque l’on est musulman, que l’on est sans arrêt le cœur du problème ? Comment alors s’affirmer quand on est un problème ? », s’interroge le metteur en scène. Le nombre de fées augmente ou diminue. Elles sont désormais six. Ronan Chéneau donne à son texte un nouvel éclairage. David Bobée modifie quelque peu le dispositif mais garde cette lumière verte. Il a réuni des comédiens et comédiennes qui ont fait ou sont encore au conservatoire de Rouen. « Ce spectacle est au cœur de tout ce que j’aime et je défends. Il est le plus important de mon parcours parce qu’il interroge ce qui m’anime en plein d’endroits. Il y a un accompagnement sur le territoire, un travail avec ces gamins qui se forment et qui doivent être vus. Il y a aussi la diversité de ces acteurs. C’est le monde d’aujourd’hui ».

 

 

 

  • Lundi 6, mardi 7, mercredi 8, jeudi 9, vendredi 10, mercredi 22, jeudi 23, vendredi 24, mercredi 29 et jeudi 30 juin à 20 heures, jeudi 7 juillet à 20 heures, samedi 9 et dimanche 10 juillet à 18 heures, mercredi 13 et jeudi 14 juillet à 20 heures, samedi 16 et dimanche 17 juillet à 18 heures, jeudi 21 juillet à 20 heures, samedi 23 et dimanche 24 juillet à 18 heures, jeudi 28 juillet à 20 heures, samedi 30 et dimanche 31 juillet à 18 heures, mercredi 3 et jeudi 4 août à 20 heures, samedi 6 et dimanche 7 août à 18 heures, jeudi 11 août à 20 heures, samedi 13 et dimanche 14 août à 18 heures.
  • Représentations au 29, rue Victor-Hugo à Rouen
  • Tarif : 10 €. Réservation sur www.cdn-normandierouen.fr