Pour cette nouvelle édition, le festival Art et Déchirure ouvre sa programmation à des compagnies québécoises. Maï(g)wenn et les orteils jouent Avec pas d’cœur mercredi 15 et jeudi 16 novembre à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Gagnez vos places en écrivant à relikto.contact@gmail.com

« Depuis plusieurs années, je travaille avec Anthony, atteint du syndrome d’Asperger. Il a vécu plusieurs échecs amoureux qui le rendaient malheureux. A chaque fois, je le sentais perdu et, moi,  je n’avais aucun mode d’emploi pour l’aider. On ne parle jamais de la vie amoureuse des personnes souffrant de handicap. C’est même tabou. On préfère s’imaginer qu’elles ne pensent pas à cela. C’est très troublant ».

Maï(g)wenn Desbois évoque cette quête d’amour dans Avec pas d’cœur, une pièce chorégraphique présentée les 15 et 16 novembre à l’espace culturel François-Mitterrand dans le cadre du festival Art et Déchirure. La directrice artistique de la compagnie québécoise Maï(g)wenn et les orteils bouscule des idées reçues sur la sexualité chez les personnes souffrant de déficience intellectuelle ou de trouble de socialisation dans un spectacle qui allie chant, gigue et danse contemporaine.

« Rire de soi-même »

Pour l’écrire, elle a commencé par échanger avec une personne qu’elle connaît bien, Anthony Dolbec. Gabrielle-Marion Rivard, héroïne de Gabrielle, film de Louise Archambault atteinte du syndrome de Williams, et Roxane Charest-Landry, de celui de X fragile, ont également apporté leur témoignage. « J’ai voulu comprendre leur mal-être, leurs petites et grandes détresses. Chacun m’a partagé son vécu, sa façon de voir les choses, sa maladresse pour entrer en contact avec l’autre », remarque Maïgwenn Desbois.

Avec pas d’cœur raconte trois histoires différentes en une série de tableaux. « Ce sont des états d’être », dansés par Anthony Dolbec, Gabrielle-Marion Rivard, Roxane Charest-Landry et Maïgwenn Desbois. « Au départ, cela n’a pas été simple. Il a fallu qu’ils dépassent leurs craintes, apprennent à se toucher et laissent quelqu’un entrer dans leur intimité. Le but n’est pas uniquement d’être sensuel mais dans l’appel des sens ». Sur des chansons d’amour, lkes quatre danseurs font face à cette dualité entre désir et répulsion. Ils se bousculent, puis s’enlacent. Ils s’amusent aux jeux de la séduction avec beaucoup d’humour. « L’autodérision est un incontournable. Nous avons besoin de rire de nous-même ».

 

 

  • Mercredi 15 et jeudi 16 novembre à 20h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Tarifs : 13,10 €, 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 36 95 80