De la musique baroque, du chant, de la danse, du jeu : ce sont les ingrédients de ce spectacle pluriel du KVS de et des Ballets C de la B. Coup fatal, inspiré de la vie du contre-ténor Serge Kakudji, est interprété samedi 7 novembre au Volcan Niemeyer au Havre et samedi 28 novembre à l’Opéra de Rouen Normandie.

 

photo Chris Van Der Burght

photo Chris Van Der Burght

« Je voulais raconter mon histoire. Après mes études, je suis revenu chez moi. Mes amis me regardaient de loin. A partir de ce moment, j’ai eu l’impression d’avoir perdu quelque chose d’important. Cette nouvelle approche signifiait : tu n’es plus des nôtres. Dans ma famille, j’ai eu la même réaction. Il y a un respect exagéré ».

 

Serge Kakudji est né au Congo. Très vite, il se fait remarquer avec sa voix de contre-ténor. « J’ai pris conscience de ma voix à l’église. Pour moi, chanter était une manière de me rapprocher de Dieu. Aujourd’hui, c’est une autre forme de prière ». Il aime la musique baroque. « Cela a toujours été une évidence pour moi. C’est une musique qui me parle, qui permet une expression libre. J’aime aussi aller nager dans le classique des XVIIIe et XIXe siècles. La musique a toujours nourri ma vie. Je fais partie de l’histoire de la musique ». Serge Kakudji enchaîne les ateliers avant de suivre des études en Belgique à l’institut supérieur de musique et de pédagogie de Namur. Il gagne des concours, chante dans diverses productions, rencontre les Ballets C de la B.

 

C’est avec la compagnie d’Alain Platel qu’il monte Coup fatal, une pièce pour 14 interprètes à l’affiche du Volcan au Havre et de l’Opéra de Rouen Normandie. Ce spectacle est une histoire de rencontres. Entre l’Europe et l’Afrique. Entre les musiques baroque, traditionnelle et le jazz. Entre l’art et la politique.

 

Pour Serge Kakudji, il était important de parler de la vie. « Elle se renouvelle chaque matin parce que j’aspire à la liberté et je résiste à tout ce qui se passe dans le monde. L’important, c’est le présent ». Dans Coup fatal, il est question de joie, d’énergie. Cette troupe de chanteurs et instrumentistes de Kinshasa, dirigés par Fabrizio Cassol et Rodriguez Vangama, jouent chantent, dansent avec fougue. Ces sourires ne cachent pas les inquiétudes. Le rideau de douilles dorées rappelle les guerres civiles, les répressions, les oppressions, les combats. « Il ne faut pas oublier que nous tirons la lumière de l’obscurité et l’obscurité de la lumière. Nous avons besoin des deux pour que la force soit présente en nous ».

 

 

 

 

 

  • Samedi 7 novembre à 20h30 au Volcan Niemeyer au Havre. Tarifs : 23 €, 9 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com
  • Samedi 28 novembre à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 32 à 10 €. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr
  • Vendredi 22 janvier à 20h30 au Cadran à Evreux. Tarifs : de 25 à 15 €. Réservation au 02 32 78 82 25 ou sur www.scene-nationale-evreux-louviers.fr