Au bout de l’île Lacroix à Rouen… C’est à cet endroit que sera implanté le DATA, le Domaine d’activités transartistiques, un projet de lieu de création collectif que portent depuis quatre ans Stéphane Maunier du Kalif et Manuel Chesneau du collectif 99. 

Stéphane Maunier et Manuel Chesneau sont-ils de doux illuminés ? Pas du tout ! Le projet citoyen qu’ils portent depuis quatre ans ne s’avère pas une idée complètement folle, encore moins une belle utopie. Le DATA, le Domaine d’activités transartistiques, se révèle même une proposition solide et, selon la société Ellyx, « l’un des projets les plus aboutis et prometteurs à l’échelle nationale pour placer pleinement la culture et la création artistique comme le principal vecteur de rayonnement et de développement d’un territoire ».

Telles sont les conclusions de l’étude de faisabilité menée auprès de 300 acteurs entre octobre 2015 et le printemps 2017. C’est un nouveau rayon de soleil dans le ciel, parfois nuageux, du directeur du Kalif et du président du Collectif 99 qui étudient depuis quatre ans la pertinence de l’existence d’un tiers-lieu dans l’agglomération rouennaise.

Une mixité

Le DATA a été imaginé comme un village, à l’image de La Belle de mai à Marseille, de Darwin à Bordeaux, du 104 à Paris, du Lieu unique à Nantes… « Il y aura une grande mixité économique avec des acteurs culturels et créatifs, des activités artisanales et artistiques, peut-être audiovisuelles. C’est un canevas qui peut être encore modulable », rappelle Manuel Chesneau. Une population diverse pour que le DATA devienne, selon Stéphane Maunier, « une constellation de lieux où chacun pourra être autonomes et le catalyseur d’un réseau. Tout ce qui existe déjà aujourd’hui doit pouvoir encore se développer grâce au DATA ».

C’est une somme de savoir-faire existants qui se concentre dans un écosystème. Les avantages pour les habitants de cet espace : une meilleure visibilité, une appartenance à un réseau, « une mutualisation des moyens, une autre manière de vivre et de travailler ensemble pour chaque acteur », précise Julien Rousseau, membre du comité de suivi. Le DATA sera un village mais pas une forteresse. « Il restera en lien avec d’autres lieux, viendra en complémentarité de l’existant et des endroits alternatifs ».

« La localisation rêvée »

Nouvelle étape : le repérage d’un lieu. Dans la tête de Stéphane Maunier et de Manuel Chesneau ont défilé plusieurs idées : le triangle de l’horloge, le Hangar 107, peu compatible avec la philosophie du projet, l’ancien site de la SERNAM qui aurait demandé une rénovation trop coûteuse. Ce sera en fait au bout de l’île Lacroix à Rouen. « La Ville apporte une réserve foncière de 6 à 8 000 m2  », précisent les deux porteurs de projet. « C’est la localisation rêvée. Nous ne sommes pas sur la rive droite, pas non plus sur la rive gauche. Cela va nous permettre de créer des synergies avec des territoires, de nous approprier une île, un fleuve. Le DATA ira à la rencontre des Rouennais de l’île et ne pourra se construire sans eux ».

C’est une étape importante qui vient d’être franchie. D’autres montagnes sont encore à gravir avant que ne soit posée la première pierre du DATA. Il reste en effet à réfléchir sur le portage juridique et le modèle économique. Et ce ne sera pas encore une mince affaire.