deadobiesSix dates en France dont une, samedi 15 octobre, au 106 à Rouen avec Puppetmastaz. Dead Obies est en tournée après la sortie du deuxième album, Gesamtkunstwerk. Composé depuis 2011 de cinq rappeurs, Snail Kid, 20Some, Yes McCan, O.G. Bear, RCA, et d’un producteur, VNCE, le groupe de Montréal évolue avec succès sur la scène rap au Québec. Un rap qu’ils veulent sans code mais puissant et mélodieux, entre français et anglais. Entretien avec Snail Kid.

 

Vous inscrivez-vous toujours dans le post-rap ?

Oui, complètement. C’est en nous maintenant. Depuis nos débuts, nous avons toujours voulu repousser les conventions et amener le rap vers notre époque. Le rap est très codifié. Très vite, nous nous sommes affranchis de certaines contraintes. Au Québec, cela n’a pas été facile. Nous avions une mauvaise image, notamment auprès des médias. Nous n’étions pas compris. Nous sommes des personnes issues de classes moyennes. Nous aimons le rap. Nous sommes influencés par le rap, les rappeurs et aussi par diverses musiques. De toute façon, nous n’aurions jamais pu écrire un rap conventionnel.

 

Quels ont été les changements vécus entre le premier album, Montréal $ud, et le deuxième ?

Le premier album a été un jet de musiciens qui manquaient d’expériences. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus à l’aise sur scène. C’est pour cette raison que nous avons utilisé l’énergie du live dans Gesamtkunstwerk. Nous avons en effet enregistré les morceaux en live dont nous avons ensuite réécrit des parties et que nous avons retravaillés.

 

Gesamtkunstwerk signifie une œuvre d’art totale. Aviez-vous imaginé au départ un album-concept ?

Oui, nous avons commencé avec cette idée en tête. Cet album s’est nourri de plusieurs médias. Quand nous étions à mi-chemin dans l’écriture, nous avons rencontré un étudiant en art visuel qui réalisait un travail documentaire. C’est lui qui nous a parlé du concept d’œuvre d’art total. Cela a vraiment stimulé notre démarche.

 

Vous êtes attachés à des thèmes bien précis dans les titres.

Les morceaux partent de nous, parlent de nous. Oui, il y a des thèmes récurrents. Comme le Do it yourself. Nous répétons : arrête de parler de ça, fais-le. Pour cet album, nous sommes aussi partis du livre de Guy Debord, La Société du spectacle. Pour nous, aujourd’hui, tout est spectacle aujourd’hui. Tout le monde se donne en spectacle. Cela questionne bien évidemment le rapport entre les artistes et le public, notre rapport avec notre public. Ça commence à bien fonctionner pour nous. Nous avons des fans et c’est très nouveau pour nous.

 

Comment vivez-vous cela ?

Nous avons eu quelques chocs. Le fanatisme nous passionne. Nous, aussi, nous sommes fans d’artistes. Certains sont prêts à tout pour suivre leur groupe préféré lors des tournées. Nous avons été choqués les premières fois lorsque des personnes du public reprenaient les paroles de nos morceaux par cœur. C’est très troublant. Du coup, nous avons une responsabilité vis-à-vis d’eux, vis-à-vis de personnes qui mangent tout ce que nous disons.

 

 

 

 

  • Samedi 15 octobre à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 24 à 15 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com
  • Concert avec Puppetmastaz, ADM & Doliath