Avec Jean-Marie Minguez et Julien Hugonnard-Bert, Gaëlle Levalet dessine dimanche 20 décembre à la librairie Le Rêve de l’escalier à Rouen.

 

gaelle levaletElle a une toute petite voix, le visage doux et le regard malicieux d’une héroïne que l’on pourrait croiser au côté de Peter Pan. Mais elle a un sacré coup de crayon. Très affirmé. Gaëlle Levalet, jeune dessinatrice rouennaise, a un univers, bien à elle, inspiré du manga. Elle sera dimanche 20 décembre avec Jean-Marie Minguez et Julien Hugonnard-Bert à la librairie Le Rêve de l’escalier à Rouen pour un après-midi de dédicace.

 

Dans son travail, Gaëlle Levalet porte une véritable attention au regard de ses personnages. Parce qu’un « regard ne trompe pas ». Tout comme aux couleurs, très soignées. C’est le fruit d’une observation délicate de tout ce qui l’entoure. « Il faut sans cesse éduquer son œil. C’est un travail qui demande beaucoup de temps. Quand on regarde, on a l’impression de voir les bonnes couleurs. Mais non, en fait. Tout change en fonction des ambiances et des lumières. Tout est toujours plein de couleurs. C’est la même chose avec les odeurs ».

 

Confiance

Quand elle dessine, Gaëlle Levalet est « très encombrante. J’ai besoin de documentations. Cela reflète mon manque de confiance. Je collectionne les catalogues en tout genre, des illustrations… J’ai besoin de vérification pour les décors, surtout lorsque je dessine une scène de repas. Reproduire une assiette qui a pourtant une forme simple est très compliqué pour moi. Il est très facile de tout rater ».

 

Le dessin, c’est le petit monde de Gaëlle Levalet. « Toute ma vie tourne autour de cette pratique. Au lycée, je me suis tellement ennuyée que je passais mon temps à dessiner. Pour moi, il n’y avait pas d’autres voies ». Le dessin, c’est aussi magique. « On est obligé de ressentir les éléments. On voit apparaître les personnages et les ambiances qui sont dans la tête ». Alors, l’étudiante part à Nantes pour suivre des cours, propose ses dessins à NormandieBulle, le festival de Darnétal où elle a été primée, et travaille sur différents projets. Le plus souvent au crayon ou au pinceau. Et l’ordinateur ? « Je n’ai jamais supporté cette machine. Je n’aime pas ce contact plastique contre plastique. Le stylet est bien trop gros et trop lourd ». Elle l’utilise seulement pour certaines tâches. « Avec les crayons et les pinceaux, on travaille le geste. On peut jouer avec la souplesse des poils ».

 

Régulièrement enfermée dans sa chambre à dessiner, Gaëlle Levalet va prendre l’air avec grand plaisir au Rêve de l’escalier. « Quand on est seule face à sa planche, on est aussi seule face à ses erreurs. Dessiner devant des gens qui s’émerveillent après juste un coup de crayon donne confiance ».