Le créateur de Yeruldelgger est au Havre à la Galerne mardi 8 novembre et à Rouen à l’Armitière mercredi 9 novembre. Avec La Mort nomade (Albin Michel), Ian Manook renvoie le lecteur en Mongolie pour un nouveau rendez-vous en terre inconnue. Mais pas la version « Frédéric Lopez ».

 

manookIl y a déjà une bonne vingtaine d’années, Alain Delon nous avait prévenus dans l’un de ses films : Ne réveillez pas un flic qui dort. Un titre qui fait écho à la nouvelle aventure de Yeruldelgger. L’inspecteur a quitté la capitale Oulan-Bator et la police après deux aventures un peu corsées (Yeruldelgger + Les Temps sauvages déjà chez Albin Michel). Le voilà chevauchant sur la steppe, histoire de penser à autre chose… Oui mais voilà, il y en a qui attirent le sang comme la lumière les papillons de nuit. Accrochez-vous à la queue du yack : les Barbares sont en route…

 

Pourtant, notre héros – Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen, c’est son nom complet – n’est pas venu pour ça. « Ecoutez-moi tous bien attentivement, articula celui-ci, déjà fatigué par ce qui s’annonçait. Je ne veux pas retomber dans les travers de mes colères. Je suis sincèrement venu dans le Gobi me reconstruire dans la paix et l’harmonie. Je ne suis plus flic, je ne veux pas le redevenir, et je ne veux plus être violent. Mais là, vous commencez tous sérieusement à me chauffer les mantras alors je vais faire court : Oubliez-moi ! »

 

C’est que dans cette lointaine contrée aux paysages magnifiques et aux habitants clairsemés, il s’en passe de drôles… Une disparition, une poignée de cadavres pas trop frais et voilà que la désertique contrée en question prend bientôt des airs de carrefour international. Mais pas de quoi réjouir l’office de tourisme local pour autant. « Ferme-là ! hurla la femme en brandissant son arme à bout de bras. Tu n’as aucune idée de qui nous sommes. Ces hommes font et défont des pays entiers et ils possèdent déjà la moitié du nôtre. Tu crois vraiment pouvoir leur résister ? » Résister sera très dur effectivement et le lecteur va comprendre rapidement pourquoi…

 

Heureusement, Ian Manook – c’est un pseudo – s’y entend pour tempérer une intrigue qui s’avère cruelle pour beaucoup de ses protagonistes. L’humour est en l’occurrence l’arme absolue pour prendre un peu de recul et garder la tête hors de l’eau. Et si la mort est nomade, d’après le titre de ce 3e volet des aventures de l’ex-flic mongol, l’amour aussi est nomade et permet à l’auteur quelques saillies (!) sur le sujet. Autre détail amusant : les derniers mots de chaque chapitre lui donne son titre. D’où quelques surprenants assemblages en tête de page : il est vraiment homo, le légiste ?, Le grand-père de Hitler, je te ramène à ton lupanar, récupérez au moins ses bras !, etc. A la fin du livre, on se demande quand même si cette fiction-là n’aurait pas beaucoup à voir avec la réalité

 

Hervé Debruyne

 

  • Ian Manook mardi 8 novembre à 18 heures à la Galerne et mercredi 9 novembre à 18 heures à l’Armitière. Entrée libre.