C’est le musée des Beaux-Arts de Rouen qui accueille cette année l’exposition des quatre artistes sélectionnés dont un duo, pour la 14e édition du prix Marcel-Duchamp. Jusqu’au 28 septembre, les œuvres de Théo Mercier, Florien et Michaël Quistrebert, Julien Prévieux et Evariste Richer sont à découvrir au musée et à l’abbatiale Saint-Ouen.

 

C’est une évidence : le prix Marcel-Duchamp se déroule à Rouen. Pourtant, depuis sa création en 2000, c’est la première fois que ce prix d’art contemporain se tient dans la ville où a vécu l’artiste et qui l’a inspiré. Deux lieux accueillent les œuvres de Théo Mercier, Florien et Michaël Quistrebert, Julien Prévieux et Evariste Richer : les cabinets de dessin du musée des Beaux-Arts pour les petits formats et l’abbatiale Saint-Ouen pour les œuvres monumentales. Le lauréat du prix Marcel-Duchamp sera désigné le 25 octobre lors de la FIAC à Paris et sera invité par le centre Pompidou pour une exposition personnelle de 3 mois à l’automne 2015.

 

Pour Sylvain Amic, directeur des musées de Rouen, il y a du Duchamp dans les créations de ces artistes avec un travail sur « la chronophotographie », sur « l’étalonnage ». « Il y a une critique du monde contemporain. Duchamp était en décalage avec la société de son époque. Il y a aussi de la provocation, notamment chez Théo Mercier qui a le goût pour le jeu de mots et le slogan. Duchamp a créé des dispositifs qui produisent du voyeurisme, qui sont liés à la mort, aux pulsions primitives. On ne peut pas se défaire de Duchamp. Les artistes présentés dans cette exposition sont des assimilateurs ».

 

Une légende

Julien Prévieux considère Marcel Duchamp comme « une figure tutélaire, légendaire, particulière qui a pris le monde avec beaucoup de distance ». L’économie, la politique, la finance, les nouvelles technologies sont au cœur du travail de ce sculpteur installé à Paris. « J’ai voulu interroger l’évolution du travail des services publics ». Pour cela, il a mené des ateliers avec des policiers. « Ils doivent tracer des courbes en fonction de diverses données qui permettent de dénouer un crime. Je leur ai demandé de les redessiner à la main. D’où ces toiles d’araignée ».

 

Julien Prévieux est aussi allé A La Recherche du miracle économique. Il a extrait plusieurs mots des textes des économistes Smith, Ricardo et Marx « pour leur faire dire ce que l’on cherche ». Il applique là la méthode utilisée par les moines du Moyen Âge pour révéler des significations cachées aux textes sacrés. Dans ces trois œuvres, Julien Prévieux dessine une réalité chaotique, entre scandales financiers et crises récurrentes.

 

Le scénario n’est pas plus joyeux dans La Somme de toutes les peurs. Cette grande carte d’aide à la décision avec des lignes infinies doit résoudre toute situation complexe. Or, on se retrouve dans des méandres et on se perd au milieu de nœuds, symbole d’une grande confusion.

 

Avec Julien Prévieux, l’individu est toujours confronté à des systèmes fermés qui lui laissent peu de liberté. Il reste l’humour et une bonne dose d’absurdité pour enrayer ces machines.

 

 

Jusqu’au 28 septembre

  • Au musée des Beaux-Arts à Rouen : tous les jours, sauf le mardi, de 10 heures à 18 heures. Tarifs : 5 €, 3 €, gratuit pour les moins de 26 ans et demandeurs d’emploi.
  • A l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen : du mardi au dimanche de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Entrée libre.