The Killing of America est une œuvre inachevée. Élodie Lesourd la présente telle qu’elle lors de sa carte blanche au Frac de Normandie Rouen. Une manière de dévoiler les étapes du travail de cette peinture « hyperrockaliste » commencée en 2017. Elle est à découvrir jusqu’au 5 mai.

C’est une œuvre qui rappelle un cabinet de curiosités. Élodie Lesourd y multiplie les signes et les objets. Elle a en effet juxtaposé des photos, des drapeaux, des livres, une casquette, des bouteilles, des billets, des boîtes, des plumes… Ça fourmille tellement de détails que l’œil se perd à regarder. Selon Véronique Souben, directrice du Frac de Normandie Rouen, « c’est un tableau qui renvoie à l’histoire de l’art, qui est proche de la peinture flamande. Il y a aussi un rapport à la vanité, un côté fétichiste et religieux ». Autre particularité : l’artiste a souhaité présenter sa toile alors qu’elle reste inachevée afin d’en montrer les différentes étapes.

The Killing of America est une pièce majeure dans cette exposition, intitulée Lambda Pictoris et visible jusqu’au 5 mai au Frac de Normandie Rouen. « Elle est l’acmé du concept hyperrockaliste que l’artiste a mis au point en 2005 ». Le travail d’Élodie Lesourd est en effet une réappropriation dans un style hyperréaliste d’images d’installations artistiques en lien avec le monde de la musique. « Elle réinterprète, donne une autre identification ou une autre signification à une image peinte ».

The Killing of America est une peinture d’une précision à couper le souffle. Elle est réalisée à l’acrylique, sur un agglomérat de bois qui assure un tracé lisse. Pas un coup de pinceau. Il ne manque ni un détail ni un reflet. Élodie Lesourd offre là un travail de virtuose dans cette grande fresque qui dénonce la violence.

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