Après L’amour et les forêts furieusement primé, Eric Rheinhardt publie La Chambre des époux (Gallimard) qu’il présente à L’Armitière à Rouen jeudi 30 novembre.  L’amour, toujours… Et le cancer.

« Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie effectuée à son initiative en raison d’une grosseur, en décembre 2006. » Pour ce début de récit, l’auteur est dans l’histoire vraie, la sienne ; ou plutôt, celle de sa compagne. A l’époque, Eric Rheinhardt écrivait Cendrillon. « Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer. » Comme si la rage d’écrire allait donner la rage de guérir. Comme si l’Art était un puissant remède. Il raconte cette angoisse qui monte instantanément, cette lutte qui commence. Une épreuve qui tue, souvent ; qui tue les couples, aussi parfois. Celle-ci va engager brutalement les deux amants dans une voie qu’ils n’auraient sans doute jamais explorée. L’amour grandit alors, sans limite, dans une poursuite effrénée pour doubler la maladie. Et l’auteur trouve les mots pour décrire cette soudaine mutation dans un lyrisme brûlant.

Mais, une fois encore, dans La Chambre des époux, Eric Rheinhardt dépasse imperceptiblement la réalité pour emmener le lecteur dans un autre récit, celui d’un chef d’orchestre qui veut sauver une (autre) femme, dévorée elle aussi par le cynique crabe. Il y a même une troisième femme dans cette aventure où les récits s’entrecroisent, oscillant entre souvenirs et parabole. Une autre histoire dans l’histoire. Au final, une ode à l’amour, à l’Art et à la beauté. Dix ans après l’authentique cancer de sa compagne, toujours ce feu au fond de lui.

Hervé Debruyne

  • Jeudi 30 novembre à 18 heures à la librairie L’Armitière à Rouen. Entrée libre