Il est le père des Freak Brothers. Gilbert Shelton est un auteur de bande dessinée issu de la vague underground. Le 106 à Rouen expose jusqu’au 22 avril une série de ses oeuvres, drôles et décalées.

 

Gilbert Shelton ne se considère pas comme un artiste. « Je suis un raconteur d’histoires« . Il conçoit la bande dessinée avant tout comme « une nouvelle« . Des histoires, il en narre depuis son enfance. Gilbert Shelton a grandi dans le Texas, un état des plus conservateur, et a commencé à dessiner bien sagement pour le journal des scouts. Il a poursuivi à l’université où apparaît un côté quelque peu subversif. « Mon mon éducation s’est faite là« . Les super héros, beaux, grands et forts, l’ennuient profondément. Gilbert Shelton préfère les anti héros et crée le personnage de Wonder Hart-Dog ou Super Phacochère, une véritable parodie de Superman avec un collant ridicule et un groin proéminent. Le dessinateur américain multiplie les collaborations, dont Zap, et les rencontres. Il devient un proche de Robert Crumb, d’Art Spiegelman et fait partie de vague underground.

 

Le 106 à Rouen consacre jusqu’au 22 avril une exposition à l’un des symboles de la contre-culture qui a fui les États-Unis sous l’ère Reagan pour s’installer en France. On croise des personnages loufoques dont les célèbres Freak Brothers, créés en 1967. « Un soir, j’ai vu en même temps un film des Marx Brothers et les Trois Stooges, la plus stupide des comédies. je me suis demandé si, moi aussi, je pouvais faire cela. J’ai alors monté un court métrage et réalisé un doc en forme de BD qui annonçait le film. Tout le monde a préféré la BD. J’ai alors abandonné la caméra et la mise en scène« . Avec les Freak Brothers, Gilbert Shelton imagine un trio de losers qui n’ont qu’une seule préoccupation : se procurer de la drogue et aussi de la bière. Dans cette bande dessinée, il raconte une époque, le quotidien des hippies, leurs aspirations, leurs engagements, leurs soucis avec l’État…

 

Gilbert Shelton n’a jamais cessé de dessiner. « Au départ, ces n’était pas facile pour moi. Je n’avais pas le vocabulaire visuel« . Il se l’est construit en toute liberté. « Dans mon travail, j’ai cherché des choses du quotidien, de la vie de tous les jours pour les transposer dans mon ambiance personnelle« . Gilbert Shelton est loin de ressembler à l’un des ses Freak Brothers. Il est un auteur important de la pop culture, un des hommes qui l’a portée et démocratisée.

 

  • Jusqu’au 22 avril au 106 à Rouen. Ouverture du lundi au vendredi de 13 heures à 19 heures, les jours de concert de 13 heures à 18 heures. Entrée libre et gratuite.