Bernard Plossu est revenu au Havre pour découvrir la ville après son exposition Le Voyage mexicain. Ses photographies la subliment. Jusqu’au 28 février, le MuMa, musée d’art moderne André-Malraux, présentent une série de clichés du Havre en noir & blanc.

 

bernard plossuIl a toujours le même appareil autour du cou. Bernard Plossu ne se déplace jamais sans son Nikkormat équipé d’un objectif de 50 mm. Son avantage : « il ne déforme pas la réalité. Il permet en effet de montrer les choses telles qu’elles sont réellement ». Pas de tricherie avec cet éternel voyageur et grand photographe qui exerce depuis 1965. Ce qui lui importe : rendre compte d’un « voyage sincère et rigoureux ».

 

Bernard Plossu qui a exposé au musée des impressionnismes à Giverny et à l’abbaye de Jumièges est revenu au Havre. Il s’y est arrêté une première fois en 2013 pour présenter une première exposition Le Voyage mexicain. Séduit par la ville, il a effectué deux campagnes photographiques au début de l’automne 2013 et du printemps 2014 lors des grandes marées. A cette époque-là, pas de tempête, comme il l’espérait, mais un soleil rayonnant. Il a traversé toute la ville, à pied, en voiture…

 

« Bernard Plossu visite comme il respire. Il n’y a pas de préméditation chez lui », rappelle Aude Mathé, architecte, chercheure, responsable du programme Photographie et vidéo à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Il photographie la plage, le port, les bateaux, le Volcan, le musée, les rues, les immeubles, la vie quotidienne… de jour comme de nuit. Ces clichés sont exposés jusqu’au 28 février au MuMa au Havre.

 

A découvrir en 104 étapes le Havre en noir et blanc… « C’est volontaire. Je n’avais pas du tout l’intention de faire de la couleur », commente Bernard Plossu. « Pour moi, Le Havre, c’est en noir et blanc. Je voulais garder la tonalité grise de la ville. Il ne faut pas oublier que le noir et blanc n’existent pas. C’est gris ». Autre parti pris : Bernard Plossu, artiste aussi généreux que modeste présente uniquement des petits formats. « Je reste méfiant à l’égard du grand format. Je ne souhaite pas devenir plasticien. Je ne suis que photographe ».

 

Cette exposition, Le Havre en noir & blanc est une promenade dans une ville plurielle avec ses ambiances romantiques, oniriques, âpres. Bernard Plossu sublime Le Havre mais ne l’idéalise pas. Il met en évidence les contrastes, les lumières changeantes, les lignes et les courbes. Ce travail est aussi une rencontre entre la douceur d’une photographie et la puissance d’une architecture, celle d’Auguste Perret.

 

Photographier pour reconstruire

Pour célébrer le 10e anniversaire de l’inscription du centre ville du Havre sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité à l’Unesco, le Muma confronte les images de Bernard Plossu à celles des photographes du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme. 700 clichés ont été pris entre 1945 et 1957 sur la destruction des bâtiments et quartiers bombardés, sur la récupération des matériaux et sur la reconstruction de la ville.

 

  • Le Havre en noir & blanc, Bernard Plossu, jusqu’au 28 février, la semaine, sauf le mardi, de 11 heures à 18 heures, les samedi et dimanche de 11 heures à 19 heures, au MuMa, musée d’art moderne André-Malraux, au Havre. (Fermeture le 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier)
  • Tarifs : 5 €, 3 €, gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous chaque premier samedi du mois. Renseignements au 02 35 19 62 62 ou sur www.muma-lehavre.fr