Le musée des Beaux-Arts de Rouen investit le centre d’art contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville. Jusqu’au 1er octobre, il présente une série d’oeuvres issues de sa collection d’art moderne lors d’une exposition intitulée L’Invisible nu.

Une collection méconnue. Faire entrer l’art contemporain dans les collections des musées… Olga Popovitch, conservatrice à la tête du musée des Beaux-Arts de Rouen de 1961 à 1978, en a fait son cheval de bataille. « En quelques années, elle constitue un fonds cohérent avec diverses oeuvres », remarque Sylvain Amic, directeur de la Réunion des musées métropolitains Rouen Normandie. De nombreuses oeuvres des artistes de cette époque qui sont réunies dans une collection représentative de la Nouvelle Ecole de Paris. Sans être un véritable courant, celle-ci rassemble des artistes abstraits, pas exclusivement parisiens, comme Nicolas de Staël, Pierre Soulages, Hans Hartung ou encore Alfred Manessier.

Une exposition. Jusqu’au 1er octobre, le musée des Beaux-Arts de Rouen expose une partie de cette collection au centre d’art contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville. Le thème : l’invisible nu qui est une expression de l’artiste Josef Sima (1891-1971). Le peintre, né en République tchèque, évoquait alors sa perception de la réalité. « Peindre l’invisible nu, c’est montrer que les oeuvres deviennent la trace d’un réel. En fait, ces artistes ne voulaient pas être perçu comme des peintres abstraits. Pour eux, ils gardaient toujours un lien avec la réalité. Même si, face à leurs oeuvres, on est incapable de distinguer une forme. Ils s’imprègnent tous du réel, de la nature et leur environnement pour transmettre des émotions, des sentiments », explique Joanne Snrech, commissaire de l’exposition et conservatrice au musée des Beaux-Arts de Rouen.

Des découvertes. L’exposition L’Invisible nu présente de véritables chefs-d’oeuvres, restaurés pour l’occasion. Joanne Snrech fait dialoguer les pièces de Maria-Elena Vieira da Silva et celles d’Arpad Szénès, « le couple phare de l’Ecole de Paris. Avec eux, on entre lentement dans la composition de l’oeuvre. Il y a beaucoup de subtilité », commente la commissaire. Les 13 lithographies de Vieira da Silva sont un motif qui se construit au fil des oeuvres avec des formes et des couleurs. Elles révèlent ainsi des partitions musicales étonnantes. A voir également le travail sur le noir de Pierre Soulages et André Marfaing. « Le noir est là en tant que capteur de lumière », indique Joanne Snrech. « Il doit faire ressortir une forme, une luminosité. Chez les deux artistes, il y a la volonté de s’éloigner de la représentation extérieure, de rompre avec ces codes de la représentation. Le geste devient alors important et permet de se libérer de toute contrainte ».

  • Jusqu’au 1er octobre, du mercredi au dimanche de 13 heures à 19 heures, au centre d’art contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville. Entrée libre.
  • Renseignements au 02 35 05 61 73.