C’est un événement au MuMa. Jusqu’au 8 octobre, le musée d’art moderne André-Malraux au Havre abrite dans ses murs Impression, soleil levant, un tableau peint dans la ville par Claude Monet en 1872.

« Le soleil décline si vite que je ne peux le suivre ». Claude Monet (1840-1926) a préféré alors en donner une impression… « Il revendique la primauté de son sentiment du spectacle devant la nature », commente Annette Haudiquet, conservateur du MuMa. Il va interroger la représentation du paysage et la manière de partager une émotion. Impression, soleil levant, le chef-d’oeuvre de Claude Monet qui lance le courant des impressionnistes, est exposé au MuMa au Havre, la ville où il a été réalisé tôt le matin en 1872. « Le retour au Havre permet de voir le tableau dans la lumière où Monet l’a peint. La proximité avec le sujet rend la chose exceptionnelle », se réjouit Annette Haudiquet. C’est en effet troublant d’observer Impression, soleil levant tout en apercevant l’arrivée ou la sortie de paquebots ou porte-contenaires dans le port. Mise en valeur sur une immense cimaise grise, l’oeuvre est accrochée d’une telle manière que le visiteur a la possibilité de porter son regard vers elle ou vers la mer. Autre bonne idée : il est à découvrir du lever au coucher du soleil, soit de 7h30 à 20h30.

Dans ce tableau, conservé au musée Marmottan à Paris, qui possède de nombreux mystères, Claude Monet capte l’insaisissable. Il est dans un hôtel sur le Grand Quai au Havre, peint avec fugacité le port lorsque le soleil se lève. L’artiste représente un véritable paysage industriel, devant l’écluse des Transatlantiques entre les quais Courbe et au bois. L’ambiance est étrange avec cette brume et cette lumière douce et avec ce « ballon rouge » s’élevant au dessus de la mer verte.

Cinq artistes de l’époque de Monet

A cette toile, Impression, soleil levant, le Muma met en miroir deux autres oeuvres de Claude Monet, Soleil d’hiver, Lavacourt et Le Parlement de Londres, effet de brouillard, issues des collections du MuMa. Le premier est peint dans une lumière blanche, quelque peu rosée, entre 1879 et 1880 à Véteuil. « L’hiver est très rigoureux. Monet connaît la tristesse et la douleur avec le décès de sa femme, Camille ». Monet fera plus tard un voyage à Londres où il découvre Turner et Whisler. Il travaille sur le Parlement britannique, la brume, la pollution… Le bâtiment se dévoile derrière une lumière très sombre.

Monet ne sera pas le seul à être inspiré par la ville du Havre, notamment son port et sa plage avec les bains de mer. L’exposition, Impression(s), soleil, rassemble une trentaine d’oeuvres de cinq artistes majeurs de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Turner (1775-1851), Gustave Le Gray (1820-1884), Eugène Boudin (1824-1898), Félix Vallotton (1865-1925) et Raoul Dufy (1877-1953) ont eux aussi capté la lumière du Havre. Aquarelles, gouaches, huiles et photographies donnent diverses images et ambiances de la ville à l’époque de Monet.

  • Jusqu’au 8 octobre, du mardi au dimanche de 7h30 à 20h30, au MuMa, musée d’art moderne André-Malraux au Havre. Tarifs : 10 €, 6 €, gratuit pour les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi. Renseignements au 02 35 19 62 62 ou sur www.muma-lehavre.fr