L’exposition Comme Une Histoire… Le Havre, c’est la confrontation de divers regards sur la ville, le centre et le port. Jusqu’au 18 mars 2018 au MuMa, musée d’art moderne André-Malraux, elle laisse découvrir une cité reconstruite à travers des photographies et des vidéos.

Le Havre a été — et est toujours — un territoire d’expression à de nombreux artistes. Les photographes ont trouvé là un lieu singulier, industriel et portuaire. « Au XIXe siècle, Le Havre est une ville à la mode », rappelle Annette Haudiquet, conservateur du musée Malraux. « Son image se diffuse dans le monde entier. Jusqu’à la rupture brutale en septembre 1944 lors des deux jours de bombardements ». A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Le Havre se reconstruit et est aussi immortalisé lors d’une campagne photographique commandée par le ministère de la Reconstruction.

Comme Une Histoire… Le Havre est une suite à ces travaux. Visible jusqu’au 18 mars 2018 au MuMa, musée d’art moderne André-Malraux, au Havre, l’exposition dévoile des images à partir des années 1960. Notamment celles de Lucien Hervé prises à la demande de la direction général du tourisme. « Ses photos ont été refusées parce qu’elles ne répondaient pas a priori au cahier des charges ». Avec ces clichés, redécouverts en 2002 et entrés dans les collections du musée un an plus tard, Lucien Hervé porte un regard moderne sur Le Havre. Il met en valeur les lignes de la ville, souligne les ombres, multiplier les contreplongées. « Il connaît l’architecture, les grands architectes et a un œil sur cet urbanisme nouveau. Sa vision exalte cette architecture moderne ».

Un travail graphique

Gabriele Basilico reste plus classique. Bernard Plossu capte les lumières particulières du Havre. Quant à Olivier Mériel, il a toujours su immortaliser des ambiances mélancoliques. « Ces artistes sont des photographes piétons. Il découvre la ville et nous la font découvrir avec eux. Ils mènent également un travail graphique extraordinaire », commente Annette Haudiquet.

Avec le temps, les photographes se sont davantage intéressés aux intérieurs de la ville, aux banlieues, aux habitations, aux cages d’escalier. Comme Sabine Meier qui a revisité le roman de Dostoïevski, Crime et châtiment, dans Portrait of a man, entre New York et Le Havre. Dans cette série, elle imagine des scènes dans des espaces mystérieux pour dessiner le parcours mental de son héros.

Toutes ces photographies se répondent ou s’opposent. Elles dessinent un parcours entre vues extérieures et scènes d’intérieur, intime et joyeux.

  • Jusqu’au 18 mars, du mardi au vendredi de 11 heures à 18 heures, les samedi et dimanche de 11 heures à 19 heures, au MuMa, musée Malraux au Havre. Tarifs : 7 €, 4 €, gratuit pour les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi et pour tous le premier samedi de chaque mois. Renseignements au 02 35 19 62 62 ou sur www.muma-lehavre.fr