faada-freddy-ClaiborneIl n’a que sa voix et son corps pour interpréter ses chansons. Faada Freddy, membre du groupe de rap Daara J Family, a fait un choix radical pour constituer un nouveau répertoire et composer un premier album, Gospel Journey, très réussi. L’absence de tout instrument ne nuit en rien au groove et à l’énergie de titres, entre soul, gospel et jazz. Evidemment Faada Freddy a une voix exceptionnelle. Aux allures de dandy, il a aussi un fort charisme et une belle personnalité. Sur scène, avec ses cinq chanteurs, il forme un band vocal étonnant. Faada Freddy vient samedi 25 avril à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu dans le cadre du festival des cultures urbaines. Pour gagner des places, il suffit d’appeler au 06 16 08 60 28.

 

Avez-vous toujours été sensible aux voix ?

Oui, toujours. J’ai toujours aimé écouter les voix africaines, soul-américaines, les voix d’Inde. Le travail de la voix me fascine. Quand j’étais petit, j’essayais de chanter ce que j’entendais. Je chantais même si je ne comprenais pas les mots. C’était un vrai plaisir.

 

Préférez-vous les voix féminines ou masculines ?

Les deux. Petit, je préférais davantage les voix féminines quand elles montaient des aigus. J’adorais la voix d’Aretha Franklin. Bien évidemment, il y avait aussi la voix de ma mère.

 

A quel moment vous êtes-vous intéressé aux instruments ?

C’est venu un peu plus tard. Mais pas tant que cela parce que j’ai toujours été sensible à la musique. Au fil des années, je me suis intéressé à tous les instruments : la batterie, la basse, la guitare…

 

Quand est venue l’idée de ces compositions avec voix et percussions corporelles ?

Il y a longtemps que j’avais envie de composer un tel album. J’ai pu le faire récemment.

 

 

Y a-t-il un côté spirituel dans ces compositions ?

Il y a toujours un côté spirituel dans la musique. La voix vient de l’intérieur. Elle permet une connexion avec l’intérieur de nous-mêmes et parle à chacun de nous.

 

Lors de votre travail, étiez-vous à la recherche d’une nouvelle matière sonore ?

Je suis en perpétuelle recherche. Chez moi, c’est vraiment quelque chose de permanent. Que je sois en train de marcher, dans le métro, dans l’avion, avec des gens… Je cherche des fréquences. La musique m’habite, fait partie de mon souffle. J’ai besoin de musique comme j’ai besoin d’air pour vivre.

 

Comment avez-vous vécu cette expérience en solo ?

Je n’ai pas travaillé seul. Plusieurs artistes sont venus prêter leur voix à ce projet. Je ne pouvais pas travailler seul. Une seule voix ne pouvait pas suffire. J’ai vécu cette expérience avec des fous qui ont partagé aussi ma folie.

 

Avec Daara J, vous évoluez dans le rap. Ce nouveau projet est plutôt soul et proche du gospel. Pourquoi ce changement ?

Au sein de Daara J, j’ai toujours été un soulman. Il y a une vraie continuité entre ce que j’ai pu faire et ce que je fais aujourd’hui. Dans cet album, il y a des chansons écrites il y a dix ans.

 

Vous abordez des thèmes très humanistes. Vous parlez de bonheur simple, de force intérieure…

Et d’enfants qui partent à la guerre. Je veux casser toutes les barrières. Il faut apprendre à se respecter, à s’aimer… C’est le travail de base de toute société. Si elle remplissait cette mission, il n’y aurait pas tant de guerres. Se tolérer est primordial. Il fait s’imaginer dans la peau de l’autre, dans la souffrance de l’autre. La violence d’un regard fait souvent plus mal que la souffrance physique. C’est une atteinte à la dignité.

 

  • Samedi 25 avril à 20h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Tarifs : 11 €, 7,70 €. Réservation au 02 35 36 95 80.