Les arbres ont envahi le pavillon du jardin des plantes à Rouen. En photo et en vidéo, ils sont issus des collections du Frac Normandie Rouen et réunis dans une exposition, Family Trees, à découvrir jusqu’au 30 juin.

Le silence et le calme transparaissent au premier regard. Or Family Tree, une photographie de Janne Lehtinen, traduit un message plus pessimiste. L’artiste finlandais montre en fait un arbre en voie de disparition, se désagrégeant en poudre jaune dorée emportée par le vent. Cette œuvre de Jann Lehtinen donne son titre à la nouvelle exposition photographique du Frac Normandie Rouen, Family Trees, visible jusqu’au 30 juin dans le pavillon du jardin des plantes.

« Le motif de l’arbre, comme celui de l’environnement et de la nature, est bien représenté dans les collections du Frac. Le choix des œuvres est dense. On peut voir la nature à travers de nouvelles approches. Il y a tellement d’enjeux. Alors comment aborder cette entité ? Il y a eu des expositions de portraits d’arbres, notamment avec le fonds Gadeau de Kerville. Là, il s’agit d’interroger de manière nouvelle le sujet de l’arbre à travers une vision très ornementale, politique ou romantique. L’arbre est le témoin d’une période, d’un temps ».

Véronique Souben, directrice du Frac Normandie Rouen

Des paysages en composition et décomposition

Dans la première partie de Family Trees, il est davantage question du branchage. Manuela Marques qui a séjourné plusieurs mois au Brésil a une approche sociale. L’arbre devient un porte-manteau, un séchoir pour le linge pour toutes les populations sans-abri. Sophie Ristelhueber présente un Autoportrait réalisé en Azerbaïdjan. Celui d’un terrain sauvage, abandonné, désolé qui a subi de réels traumatismes. Quant à Anne-Marie Filaire, elle s’est rendue au Liban. Là aussi, le paysage est torturé après la guerre dans Sawâné 2 et Sawâné 3. La terre est brûlée et l’arbre, déchiqueté, écorché comme peuvent l’être les corps des habitants. Andrea Keen a une approche plus traditionnelle et apaisée de la nature même si elle se focalise sur des bords de Seine très sombre et très ombragée. Autre travail singulier : Dominique Ghesquière a photographié une partie d’une sculpture faite de fines branches de bouleau avec quelques feuilles éventrées.

Family Trees, c’est aussi voir l’arbre à travers une composition. Certains prennent même des formes étrangement humaines avec Pierre Corroënne et Geert Goiris. Agata Madejska et Jochen Lempert redéfinissent le cadrage de leur image. Avec Cristal Display, la première laisse apparaître à la marge de grands arbres à travers un long jet d’eau. Le second photographie un avion dans le ciel en l’encadrant d’une forêt afin de lui donner donner l’aspect d’un oiseau. Claire Tabouret a travaillé à partir d’images filmées sur une île cubaine. Tout est sombre et inquiétant dans cette Île de jeunesse.

Seule vidéo de l’exposition, In The Desert de Joseph Dadoune montre en plein désert l’ensevelissement de deux arbres, un cyprès et un palmier, symbole du Proche-Orient et de la Méditerranée. Le travail de cet engin de chantier se termine par la pose de blocs de béton. Un film pour alerter sur les volontés de transformer le désert.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 30 juin, du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h30, dans le pavillon du jardin des plantes à Rouen.
  • Entrée libre.
  • Renseignements au 02 35 72 27 51 ou sur www.fracnormandierouen.fr