Le festival des langues françaises, c’est une plongée dans sept textes écrits par des autrices et des auteurs français, togolais, camerounais, libanais et béninois. Lancé par le CDN de Normandie Rouen, il se tient du 4 au 6 avril au #LaboVictorHugo et au théâtre des Deux-Rives. Au programme : des lectures, des concerts et une pièce de théâtre. Des rendez-vous qui sont tous gratuits.

Ces autrices et auteurs écrivent en français et ne se demandent pas pourquoi. « En fait, on nous pose cette question quand on est en France », remarque Joël Amah Ajavon. Ils ont appris le français à l’école et n’ont pas eu d’autres choix que de réfléchir en français. Leur langue ne pouvait franchir les portes de leurs établissements scolaires. Si l’un d’eux lâchait une expression dans la cour d’école ou faisait une faute de grammaire, la sanction était lourde. Le CDN de Normandie Rouen met à l’honneur les écritures de ces artistes de nationalités différentes lors du Festival des langues françaises qui se tient du 4 au 6 avril.

Un Festival de langues françaises et non de la francophonie. « Sans taper dessus mais la francophonie est un concept fourre-tout et ne fait pas référence à ces langues françaises au pluriel. Ces autrices et auteurs qui n’ont pas de passeport français écrivent en dehors de France mais en français et de manière différente. La francophonie a plus vocation a les exclure de ce que l’on appelle la littérature française ».

Ronan Chéneau

Ronan Chéneau, auteur et organisateur du Festival des langues françaises, a souhaité mettre en lumière la grande diversité de ces écritures. Il les connaît très bien pour avoir collaboré au Tarmac, scène internationale francophone à Paris et rencontré plusieurs écrivains et écrivaines au Cameroun, Togo, Guinée, Congo… Le Congo où il a travaillé plusieurs fois avec David Bobée, metteur en scène et directeur du CDN de Normandie Rouen et le danseur et chorégraphe DeLaVallet Bidiefono.

Sept parcours

Pour cette première édition du festival, Ronan Chéneau a choisi trois autrices et trois auteurs. « Il n’y a pas d’unité dans les thématiques. Ils ne s’interdisent rien. Néanmoins, le thème de la migration revient de manière assez originale. Ce ne sont pas des histoires de migration dans la douleur mais tout ce qu’on laisse dans son pays ».

Hala Moughanie avec La Mer est ma nation évoque l’arrivée dans un pays. « Il y a beaucoup de force, de poésie et d’humour ». Dans Le Iench, Eva Doumbia parle de la migration du passé mais toujours présente pour les enfants. Penda Diouf signe un conte avec La Grande Ourse sur fond de violence policière. Elemawusi Agbedjidji, « un excellent auteur », a reçu plusieurs prix avec Trans-maître(s), une pièce de théâtre qui raconte les méthodes d’enseignement au Togo et aussi « une part de la colonisation. C’est un texte très fort ». Sufo Sufo évoque « le pays regretté. Pour lui, même si on fuit un enfer, il reste un pays aimé ». Il est question d’amour dans Camp Sud de Joël Amah Ajavon qui narre une rencontre improbable entre deux personnages que tout sépare.

Le Festival des langues françaises est avant un événement autour de la lecture. Les textes de ces six autrices et auteurs seront mis en espace par Lucie Bérélowitsch, directrice du Préau, CDN de Vire,  Destin Destinée Mbikulu Mayemba, Ulrich N’Toyo et Eva Doumbia. Ronan Chéneau a fixé les règles : tous donnent une vision très personnelle de ces textes en 30 minutes. Des lectures qui seront suivies d’un concert de Fred Nevché et du spectacle Inamovible, un texte de Sedjro Giovanni Houansou, prix RFI 2018, mis en scène par David Bobée. Trois soirs et trois parcours dans des réalités, avec comme guide, des langues vivantes et vibrantes.

Infos pratiques

Jeudi 4 avril 

  • 18h30 au #LaboVictorHugo : lectures de La Mer est ma nation de Hala Moughanie et de Trans-maître(s) de Elemawusi Agbedjidji, concert de Nevché
  • 20h30 au théâtre des Deux-Rives : Les Inamovibles de Sedjro Giovanni Houansou, mis en scène par David Bobée

Vendredi 5 avril

  • 18h30 au #LaboVictorHugo : lectures de Camp Sud de Joël Amah Ajayon et de La Fabrication de l’homme de Sufo Sufo, concert de Nevché
  • 20h30 au théâtre des Deux-Rives : Les Inamovibles de Sedjro Giovanni Houansou, mis en scène par David Bobée

Samedi 6 avril

  • 18h30 au #LaboVictorHugo : lectures de La Grande Ourse de Penda Diouf et Le Iench d’Eva Doumbia, concert de Nevché
  • 20h30 au théâtre des Deux-Rives : Les Inamovibles de Sedjro Giovanni Houansou, mis en scène par David Bobée
  • Lectures et spectacles gratuits. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr