La saga Malaussène revient après avoir disparu au tournant du siècle dernier. Daniel Pennac est en visite à la Galerne au Havre vendredi 13 janvier.

 

L’énergie de la saga de la famille Malaussène – éditée chez Gallimard – est à la mesure du succès qu’elle a remporté auprès du public. Au Bonheur des ogres (1985), La Fée Carabine (1987), La Petite marchande de prose (1990), Monsieur Malaussène (1995), Des Chrétiens et des Maures (1996), Aux Fruits de la passion (1999)… On croyait la série close mais un peu moins de 20 ans après, voilà que Daniel Pennac catapulte son génial personnage de bouc-émissaire professionnel et toute son exubérante clique aux talents divers dans une nouvelle épopée. Et mieux vaut prévenir tout de suite : le 2e tome est déjà sur les rails.
Pour relancer la machine, Pennac qui est en dédicace vendredi 13 janvier à La Galerne au Havre remet au goût du jour une tradition du polar un peu perdue de vue : l’enlèvement avec demande de rançon. La « victime » de l’enlèvement n’est autre que George Lapietà, ancien ministre et homme d’affaires véreux. L’autre piste de l’histoire racontée dans ce nouvel opus – Ils m’ont menti (Gallimard, 2017) – c’est celle d’un écrivain qui a publié toute la vérité sur sa famille et mis du même coup sa vie en danger. Le récit authentique, un genre très en vogue en littérature aujourd’hui et qui semble agacer l’auteur. « On va en vendre un paquet, Malaussène ! (…) cette époque sans foi ni loi adore désigner les coupables. (…) Nombreux débats en perspective. Les gens vont se jeter sur ce bouquin pour se faire une conscience nette. Gros chiffres, Benjamin, gros chiffres ! »
Péripéties en cascade et dialogues en liberté mais donc, aussi, propos sur la vie, la société, l’époque… Avec le recul d’un auteur septuagénaire et malicieux qui a pris le soin de faire vieillir ses personnages. « Ecouter sans décourager la jeunesse. C’est leur tour, après tout. Les laisser jouir de leurs illusions, sans leur dire qu’elles ne sont que les herbes aromatiques dispersées sur le grand hachis financier. » Ou encore, s’agissant des suites des attentats du Bataclan : « L’art du divertissement contre la science de la terreur. Et les jeunes générations se précipitent dans les rues, en masse, garçons et filles, persuadées qu’il y a de l’héroïsme à danser sur le pont du naufrage. Demain les journaux tartineront tous dans le même sens : «  les héros de la fête », ce genre de billevesées. Gouverner, c’est distraire. »
Au passage, l’auteur se joue de sa propre production dans un amusant jeu de miroirs. « Quand je pense qu’un type pareil [s’agissant de Malaussène. NDLR] a servi à un personnage de roman ! Et que pendant toute mon adolescence ce personnage a fédéré le bas monde de la lecture d’agrément ! » Voire, comme un rappel chronologique : « Tu n’as pas lu La fée Carabine ? » Daniel Pennac a tout prévu : à la toute fin du livre, un répertoire qui reprend tous les personnages et les éléments à connaître sur la série. Contents de les retrouver…

 

Hervé Debruyne

 

  • Vendredi 13 janvier à 18 heures à La Galerne au Havre. Entrée libre