Dans Henry VI, l’œuvre de Shakespeare que met en scène Thomas Jolly, il est le cardinal de Winchester. Bruno Bayeux retrouve samedi 20 juin le plateau du Théâtre des Arts à Rouen – il était présent dans la trilogie Beaumarchais, pour jouer avec la Piccola Familia cette pièce longue de 18 heures.

 

photo Nicolas Joubard

photo Nicolas Joubard

Etre Jean-Paul Belmondo ! C’était son rêve lorsqu’il était enfant. Bruno Bayeux avait des étoiles dans les yeux en regardant un film de Bébel. Ses cascades, il adorait ça et il tentait bien quelques acrobaties devant sa famille. Son énergie, il en redemandait. Aujourd’hui, Bruno Bayeux fait partie de ces comédiens qui ont un jeu physique. Ceux qui pourraient apparaître comme les héritiers de la commedia dell’Arte et qui s’imposent une réelle rigueur. Il a aussi cette faculté de faire ressentir les plus fortes émotions et de devenir un personnage des plus hilarant.

 

Il met du comique dans le cardinal de Winchester, le personnage qu’il joue dans Henry VI, la pièce, mise en scène par Thomas Jolly et présentée samedi 20 juin au Théâtre des Arts à Rouen. « C’est un personnage important, le troisième du royaume. Il a un énorme pouvoir. Il veut tout mais il n’a pas grand-chose pour lui. Alors il va de complot en complot ». Dans la pièce, Bruno Bayeux joue trois autres personnages, plus secondaires. « Ce sont des petites récréations. Après la mort du cardinal, j’ai une pause de trois heures. En fait, je reviens à 1 heure du matin. C’est étrange, je sors du lit et je joue ».

 

Pour tenir les 18 heures, le comédien rouennais a dû apprendre à économiser son énergie. On a eu l’habitude de voir Bruno Bayeux se jeter dans ses rôles sans se ménager dans L’Exquisité de mon cadavre, La Fabuleuse Histoire de Madame Ash ou M. et Mme Silverdust « Dans Henry VI, ce n’est pas possible. Quand il y a des pauses, il faut manger, se reposer ». Pour en arriver là, il a fallu plusieurs étapes de travail. « J’ai appris à calmer mon jeu, à jouer dans une troupe. Nous sommes 21. Chacun prend le relais ». Autre pari pour Bruno Bayeux : gérer le stress. « Thomas m’a beaucoup rassuré là-dessus. Et nous avons tous beaucoup échangé. Avoir le trac, c’est avoir envie de faire bien ».

 

Comme une école

L’aventure de Henry VI est une nouvelle école pour celui qui s’est formé au conservatoire de Rouen. « J’ai vraiment gagné en maturité. Nous sommes des comédiens d’âges différents et de diverses formations. Avec Eric Challier, tu prends une leçon de théâtre. Thomas Jolly a aussi une patte. Celle du TNB (théâtre national de Bretagne, ndlr)  d’où il sort. Son travail est particulier : il dissèque le texte. On avance étape par étape ».

 

Néanmoins, les deux garçons se connaissent bien et avaient envie de travailler ensemble depuis un bon moment. « J’étais super heureux lorsque Thomas m’a fait part de son projet. Mais quand il m’a parlé du temps de la représentation, ce fut une autre histoire. Je considérais que j’étais trop vieux. En fait, j’avais peur de ne pas être à la hauteur ».

 

Voilà cinq ans que Bruno Bayeux est plongé dans Shakespeare et vit avec le cardinal de Winchester. « Un jour, il faudra dire au revoir à ce personnage. Ça va être la grosse déprime ». Entre les représentations, le comédien a joué H6m2, un concentré déjanté des 18 heures de Henry VI. Il est revenu à ses spectacles et pensé à sa prochaine création avec sa compagnie BBC, 636 Battements d’ailes, une pièce politique.

 

  • Samedi 20 juin à 10 heures au Théâtre des Arts à Rouen