photo Gabriele Zucca

Sur scène, ils sont huit jeunes danseurs virtuoses, d’une énergie folle. Le chorégraphe Hofesh Shechter les réunit dans Show qu’ils interprètent mardi 9 octobre à la scène nationale de Dieppe. Un spectacle puissant qui décrit toute l’absurdité du monde sur une musique électronique organique. Ces huit clowns, autant manipulés que manipulateurs, luttent pour rester en vie, pour tromper la mort lors d’une fête explosive et macabre. Entretien avec Hofesh Shechter.

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire Show à partir d’une ancienne pièce, Clowns ?

Clowns est une pièce pleine d’énergie qui convient aux jeunes danseurs. Il était logique que le groupe Shechter II s’en empare. De plus, je souhaitais que Clowns puisse avoir une vie au-delà de sa création afin qu’un plus grand nombre de spectateurs ait la chance de la voir et de l’apprécier.

Comment cette énergie de la jeunesse des danseurs a inspiré l’écriture de Show ?

Show est une pièce à la fois une pièce sombre, amusante et totalement anarchique. Dans cette création, mon objectif principal était de faire surgir toute la virtuosité de ces interprètes incroyables. Et ils vraiment impressionnants sur scène. Ce groupe est composé de danseurs différents avec un talent infini. Je suis extrêmement fier de les réunir tous sur un même plateau. En tant que groupe, ils produisent une folle énergie.

Pourquoi ce titre, Show ? Sommes-nous dans un spectacle permanent ?

Oui, complètement. Surtout dans le domaine politique, médiatique, de l’opinion publique. Il y a des intimidations gouvernementales des citoyens, des contrôles publics. Constamment, on nous présente un spectacle pour diriger et manipuler notre manière de penser.

 

 

Vos créations sont souvent le reflet d’un monde violent. Pourquoi ?

La façon dont je présente le monde est la façon dont je perçois le monde. Il n’y a pas de différence entre ce qui se passe autour de moi et à l’intérieur de moi. Je suis un filtre. Je regarde autour de moi et je décrypte la réalité. La réalité que je présente est donc celle qui se voit à travers mes yeux. Quand on regarde de cette manière, le mot réalité peut sembler plutôt hors de propos… Cependant, ce que je comprends du monde est ce que je suis… Nous sommes tous des êtres subjectifs. Ce que nous voyons est le reflet de notre capacité à percevoir les choses et à les ressentir. C’est difficile à croire mais c’est vrai. Le chaos qui se produit autour de nous, c’est notre fait. Ce ne sont pas des personnes sans visage que nous ne rencontrons jamais. Mais vous et moi. Nous faisons partie de ce réseau qui tue, occupe, asservit. C’est donc ce qui m’inspire. Vous et moi.

Est-ce que les événements politiques et géo-politiques internationaux influencent votre danse ?

Mon travail consiste à observer et à ressentir tout ce qui se passe dans le monde. Nous vivons dans un monde très politisé. Mais ce qui compte pour moi, ce sont les gens, leur réaction, leurs émotions face à ces événements. Le monde influe énormément sur mon travail. Il m’affecte et, à partir de cela, j’essaie de créer quelque chose de beau, de poétique.

Pourquoi la musique tient-elle une place si importante dans vos créations ?

Je compose la musique tout en écrivant la danse. Ces deux arts sont tout aussi importante pour créer un monde, une ambiance. Je travaille afin que l’un vienne enrichir l’autre. La musique soutient et inspire la danse. Et vice versa. C’est la musique qui m’a amené à la danse. J’aime la sensation quand la musique est jouée dans une salle. Cela me donne juste un frisson. Cela crée aussi une atmosphère. Cela peut entraîner des actions, des pensées. La musique vous emmène ailleurs en une fraction de seconde.

 

Infos pratiques

  • Mardi 9 octobre à 20 heures à la scène nationale de Dieppe.
  • Tarifs : de 23 à 10 €.
  • Réservation au 02 35 82 04 43 ou sur www.dsn.asso.fr