DSCF0652Alex Beaupain écrit de délicieuses ballades empreintes d’une douce poésie. Dans ses chansons, il est souvent question de rupture et de déception pour mieux sublimer les sentiments amoureux. Alex Beaupain écrit pour lui, pour les autres, pour le cinéma, notamment Christophe Honoré, et pour le théâtre, Des Journées entières dans les arbres de Marguerite Duras avec Fanny Ardant.

Entre les balances et son concert vendredi 7 février au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen, il a répondu avec enthousiasme aux questions des élèves du lycée des Bruyères emmenés par Maéva, Ludivine et Adeline.

 

Vous avez dit que vous ne vous sentiez pas chanteur. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ce n’est pas que je ne me sentais pas chanteur. Pour moi, c’était un métier inaccessible parce que je ne connaissais personne dans ce milieu. C’était un monde inconnu. En même temps pas si inconnu parce j’ai une culture de la chanson. J’ai appris à jouer du piano. J’ai chanté dans une chorale. Mais je n’ai pas eu ce truc de lycéen : avoir un groupe. Je suis arrivé tard, vers 24 ou 25 ans, dans ce monde. J’ai donc mis du temps à assumer ce truc-là

 

Vous écrivez des chansons, vous composez pour le cinéma, le théâtre. Est-il devenu nécessaire d’écrire pour vous aujourd’hui ?

Oui c’est nécessaire mais je fais en sorte que cela ne soit pas un travail de bureau. J’ai besoin d’avoir envie. Ecrire reste une activité mystérieuse. Les mots viennent de manière inattendue. Je n’ai jamais considéré la chanson comme un métier. Je chante, je vais dans des endroits où je me fais applaudir. C’est très agréable.

 

Pensez-vous écrire un livre ?

Non, la chanson reste la forme artistique dans laquelle je me réalise le plus. Je suis incapable d’écrire un scénario. Acteur, je suis nul. Christophe Honoré a essayé de me confier des petits rôles dans ses films. Quand je joue, je deviens une espèce d’handicapé. Je ne sais même plus m’asseoir. Je suis vraiment mauvais.

 

Jouer peut s’apprendre ?

Je ne crois pas. On peut toujours aller au conservatoire. Je pense qu’il y a là quelque chose de l’ordre de la nature. Je sais, c’est très injuste. Il y a des gens qui sont faits pour ça, qui sont cinégéniques.

 

Comment envisagez-vous l’avenir dans la musique et dans votre travail ?

Cela fait dix ans que je fais ce métier. J’ai eu la chance que le premier album n’ait pas marché. Les choses ont avancé petit à petit. Je suis arrivé à un point où je vends un peu d’albums. Les chiffres commencent à être acceptables. Je donne des concerts où le public est de plus en plus nombreux. J’ai même chanté à Olympia à Paris. Cette salle m’a toujours fait rêver. Avoir son nom en lettres rouges, c’est un truc dingue ! J’ai sorti quatre albums. C’est déjà beaucoup. Je sais que je peux en écrire un cinquième. J’ai certes une notoriété toute relative mais je suis bien à cet endroit. Cependant, j’aimerais bien écrire un tube pour juste me rendre compte de ce que cela représente. Mais ça, c’est un fantasme de chanteur.

 

Envisagez-vous d’écrire des chansons en anglais ?

Hélas non. Si j’écris en anglais, je dois chanter en anglais. Et mon accent est catastrophique. En fait, écrire en français ou en anglais, je m’en fous. Le plus important est d’écrire une bonne chanson.

 

 

Quel type de musique et quels artistes vous ont influencé ?

Au départ, ce sont des chansons et des chanteurs qu’écoutaient mes parents. Comme Brel, Brassens, Trenet, Barbara… Il y a aussi les disques de l’enfance : Karen Cheryl, Les Forbans…. C’était nul. Après j’ai eu mes disques à moi. C’était surtout de la chanson française. J’avais besoin de comprendre. C’était des chanteurs comme Bashung, Daho, Murat, Souchon pour sa façon d’écrire, Gainsbourg. J’aimais les univers qu’il créait pour lui et pour les autres. Ce fut comme une espèce de révélation.

 

Avez-vous les mêmes émotions lorsque vous écrivez et lorsque vous chantez ?

Je ne sais pas. C’est vraiment quelque chose de très mystérieux. Quand je sens que j’ai écrit une bonne chanson, je ne sais pas pas l’expliquer. Mais cela me rend heureux. Tout part toujours d’un sentiment que j’ai éprouvé. Quand c’est fabriqué, cela ne marche pas. Tout part aussi d’un fond de sincérité. Dans mes chansons, je fais aussi en sorte d’avoir le bon rôle. Je gratte les choses un peu méchantes. Je parle de sexe. Comme ma vie n’est pas aussi palpitante que dans les chansons, j’exagère. Je fais en sorte que les chansons soient émouvantes et universelles.

 

Adeline, Maéva et Ludivine

Adeline, Maéva et Ludivine

Les autres disciplines artistiques comme la danse, l’opéra, la peinture vous procurent-elles autant d’émotion que la musique ?

Non, c’est vraiment la chanson que je préfère. Il y a la chanson, le cinéma et la littérature. Je fais en sorte de ne pas être paresseux intellectuellement.

 

Pourquoi l’amour est-il un thème récurrent dans vos chansons ?

Qu’y a-t-il de plus intéressant que l’amour ? C’est ce qui m’intéresse le plus dans la vie. C’est un peu candide de dire cela.

 

Le thème de l’eau est également très présent.

Je suis né à Besançon où il pleut beaucoup. Je pense que cela vient de l’endroit d’où je viens. Ça ressurgit.