photo Philippe Gramard

photo Philippe Gramard

Anne Nguyen, artiste en résidence au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray, présente un nouveau chapitre de son histoire chorégraphique. Cette artiste qui explore sans cesse les terrains en friche du hip-hop a imaginé un bal pour huit danseurs, tous spécialistes du popping. Sur la musique de Brahms, von Biber et Bach interprétée par des musiciens du conservatoire national supérieur de musique de Paris, les poppeurs exécutent des pas à deux dans ce Bal.exe. C’est vendredi 10 octobre.

 

Dans un bal, il y a des danses de couples. Or, dans le hip-hop, le danseur est seul.

Dans le hip-hop, la danse est en effet très individualiste. Le danseur de hip-hop est toujours isolé. Il est dans un cercle mais danse seul. Dans mes chorégraphies, j’essaie de mettre en valeur les individualités fortes. Cependant, j’ai toujours aimé faire entrer la danse dans d’autres espaces où les corps s’imbriquent, où l’on voit quelque chose d’organique.

 

A partir de quelles danses de salon avez-vous travaillé ?

Nous avons travaillé à partir du tango, de la valse. On trouve pas mal de parallèles avec le popping qui est une danse où l’on se montre à l’autre. On montre que l’on est le meilleur, le plus beau. Nous avons effectué un mélange de tout cela à notre sauce pour créer de nouvelles bases.

 

Pour danser la valse ou le tango, il y a des pas à respecter alors que le hip-hop offre davantage de liberté. Comment avez-vous pu faire le lien entre les deux ?

Dans le hip-hop, il y a certes beaucoup de liberté mais aussi des contraintes. Il y a des bases qu’il faut maîtriser. Et quand on les maîtrise, on peut détourner la danse à sa manière, on peut créer une esthétique. Avant d’atteindre cette liberté, il y a beaucoup de travail.

 

Pourquoi avoir ajouté au mot bal ce « .exe » qui est une référence au monde informatique ?

Quand le spectacle commence, plus rien ne s’arrête. C’est une chaine de réactions. Comme si le corps des danseurs était programmé à l’avance et ressemblait à des automates. Il y a une référence aussi à la danse de couple qui peut avoir des côtés froids. Dans les concours, il y a une forme de rigidité. La virtuosité entraine une forme de tension.

 

Vous avez créé un univers romantique avec le choix des musiques. Pourquoi ?

La musique a été ma deuxième source d’inspiration pour cette création. C’est un univers romantique, nostalgique. En l’écoutant, je voyais les danseurs aller les uns vers les autres. J’ai imaginé des moments de complicité. J’avais envie de partage, d’amour, d’oubli, des instants heureux.

 

 

  • Vendredi 10 octobre à 20h30 au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray.
    Tarifs : de 20 à 10 €. Réservation au 02 32 91 94 94  ou sur www.lerivegauche76.fr