Jean-Claude Carrière est à la librairie l’Armitière à Rouen jeudi 8 novembre pour La Vallée du néant (Odile Jacob). Un saut dans l’inconnu qui passe par l’évocation de l’histoire du monde. A méditer.

« Nous pourrions parler de Shiva pendant des heures (…) sans parvenir à dégager de lui une vision nette et définitive. Ce livre, évidemment, lui est dédié. Mais il l’a déjà lu en quelques secondes, et mis de côté, en souriant. Il n’y a pas appris grand-chose. » Pour autant, Jean-Claude Carrière ne fait pas de prosélytisme. Il est athée mais fréquente les divinités comme personne. Il connaît les écueils du discours et ne souhaite pas livrer une vérité trop bien emballée à son lecteur. Juste quelques éléments puisés dans une longue carrière d’auteur dramatique, un curieux de nature toujours à l’écoute. Pas de poncifs de la part d’un homme gagné par l’âge mais plusieurs pièces d’un puzzle dont on ne verrait pas le dessin final.

Car comment parler du néant puisqu’il semble bien que si l’on en vient, on n’en revient pas… ? C’est sans doute d’ailleurs ce qui pousse Jean-Claude Carrière à parler avant tout de la vie. Celle du temps présent, celle de la biodiversité écrasée par l’indifférence de l’homme. La vie qui approche de la mort… La parole d’un sage qui continue de s’élever, tente de faire la part des choses pour ramener le lecteur à l’essentiel.

Les rêveries généreuses d’un promeneur érudit

L’information ? « Si nous songeons une minute – ou deux – à tout ce qui peut se dire ou s’écrire en une seule journée, pour « informer », pour commenter, pour « analyser » vingt-quatre heures de la vie du monde, à ces kilomètres interminables (…) si nous songeons à cette immense poussière de mots qui se disperse chaque jour, nous pouvons apprécier toute la puissance du flot. Il emporte vraiment tout. »

L’avenir de la planète ? « (…) soixante-quinze pour cent des espèces qu’elle avait accueillies sont en train de disparaître par notre faute ; et que nous détruisons, à grands coups de matières mortes (bétons, plastiques, divers gaz, une planète qui était, à n’en pas douter, le chef-d’œuvre de notre système solaire. Elle disait même : «  je suis la fierté du Soleil. » »

 

  • Jeudi 8 novembre à 18 heures à la librairie L’Armitière à Rouen. Entrée libre