Huit jours pour découvrir des films inédits réalisés en Europe centrale et orientale et aussi en Amérique du Sud : le festival du cinéma À L’Est se déroule du 26 février au 5 mars en Normandie. Il commence avec la projection de The Cellar de Igor Voloshin à l’Omnia à Rouen. Jean-Marc Barr y joue un père, décidé de faire justice lui-même après la disparition de sa fille lors d’une soirée d’anniversaire. Loin de l’image de l’inoubliable plongeur flamboyant dans Le Grand Bleu, il est un loser aux cheveux longs, un musicien de bars mal fréquentés, un mari infidèle dans cette d’histoire dramatique de personnages paumés. Entretien avec le comédien.

Pourquoi avez-vous accepté ce rôle de père ?

Il y avait deux choses. Tout d’abord, j’essaie de défendre un cinéma européen indépendant. J’ai tourné avec Lars von Trier. J’ai récemment travaillé avec un réalisateur turc, Semih Kaplanoğlu, dans La Particule humaine. Par ailleurs, j’ai bien aimé l’idée de tourner un film en Slovaquie avec un metteur en scène russe. Je l’avais croisé peu de temps avant dans l’aéroport de Rome. Il m’a proposé ce rôle. J’étais libre et j’avais envie de vivre ce genre de polar.

Quel père aviez-vous envie d’être ?

Je me suis mis dans la peau d’un homme qui a vécu le communisme, d’un musicien qui n’a pas changé ses habitudes de vie. Le voilà confronter à une tragédie. C’est une chose impensable : perdre son enfant. Il va réveiller. Il est tellement désespéré qu’il va être capable de tout. Notamment de kidnapper un gamin, de le torturer pour obtenir la vérité. D’autant qu’il se retrouve face à des autorités policières complètement indifférentes à sa tragédie. Avec ce rôle, j’ai voulu varier les jeux pour rendre crédible ce deuil. Il peut être un musicien ivre, un homme rongé par la culpabilité après des moments absurdes dans la confusion d’une nuit arrosée, un père en colère. Ce film est le reflet d’une société capitaliste où règne l’autoritarisme.

C’est un film peu bavard.

C’est vrai, il n’y a pas beaucoup de dialogue. D’où l’importance du jeu. Ce qui a été marrant, c’est que nous avons tourné en plusieurs langues. Moi en anglais, Olga Simonova en russe… Je suis habitué à cet exercice. Quand on sait que la voix ne va pas être utilisée, on joue presque comme dans un film muet.

Est-ce que The Cellar est aussi un film sur une jeunesse désespérée ?

Elle est dans le désespoir total et entre dans une violence incohérente. C’est une tragédie quotidienne dans un monde qui n’évolue pas dans le bon sens.

Pourquoi est-ce important de venir défendre un film ?

Il y a longtemps que je ne suis pas venu dans la région. J’avais tourné une série pendant six ans au Havre. Les festivals restent les endroits où l’on parle vraiment de cinéma.

Infos pratiques

  • Du 26 février au 5 mars à Rouen, Dieppe, Le Havre, Caen et Fécamp
  • Ouverture mardi 26 février à 20h30 à l’Omnia à Rouen avec la projection de The Cellar de Igor Voloshin en présence de Jean-Marc Barr
  • Programmation complète sur www.alestfestival.com
  • Lire également : D’Est en Ouest, rien qu’en images