Johann Le Guillerm ouvre son laboratoire du 4 au 8 avril au Volcan au Havre pour présenter Le Pas Grand Chose, nouvelle création d’un artiste hors norme qui poursuit là ses recherches sur Attraction. Cette fois, il y ajoute les mots. Depuis 15 ans, Johann Le Guillerm interroge l’équilibre, le mouvement, le point de vue. Il a partagé le fruit de ses expérimentations dans des performances, des expositions, des sculptures… Son propos est pluriel. Le Pas Grand Chose est une conférence dans laquelle il présente ses « monstrations » et ouvre un monde imaginaire foisonnant pour casser nos certitudes.

 

Après 15 années de recherche, vous considérez-vous davantage comme un circassien ou un plasticien ?

Ni l’un ni l’autre et les deux à la fois. Je suis davantage un praticien des points de vue. J’ai toujours défini le cirque comme un espace de points de vue. Aujourd’hui, on ne peut pas réduire le cirque à du théâtre acrobatique, gestuel, à des numéros traditionnels parce qu’il est lié à l’espace. Il y a des pratiques qui disparaissent et d’autres qui apparaissent. C’est une chose en mouvement. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le cirque mais dans les jeux du cirque.

 

Votre spectacle est une conférence. Est-ce votre démarche reste scientifique ?

Je dirai qu’elle est plutôt alchimique. Dans le sens où j’ai recréé une alchimie personnelle. Je ne suis pas un scientifique parce que je n’ai pas de bagage scientifique. Je suis un chercheur donc un idiot. Si le chercheur savait, il ne chercherait pas. Je définis ainsi mes recherches comme la science de l’idiot. Un bon chercheur est un idiot. C’est la réalité.

 

Un idiot curieux ?

Je crois, oui. Je n’ai pas de domaine de prédilection. Je m’intéresse à tout et n’importe quoi. Je ne m’impose pas de restrictions dans mes recherches. Et le point me ramène à tout : le végétal, le tricot, le bricolage, la cuisine… Il n’y a aucune barrière.

 

Quel rapport entretenez-vous avec les objets ?

Mes objets, c’est mon dictionnaire. Ce sont mes imaginographes, des outils d’observation du monde. Chacun y voit ce qu’il perçoit. Le Pas Grand Chose s’appuie sur ces objets. Ce sont des connaissances assises sur ces objets. Cette fois, je ne les donne pas à voir, je partage mes points de vue.

 

Pour la première fois, vous prenez la parole. Les mots vous ont-ils manqué ?

Ils m’ont manqué, en effet. Je n’avais jamais envisagé de les utiliser. A force de fournir des explications, de recevoir des groupes, il m’est venu l’idée de faire une présentation de mes recherches autour du point qui habille toutes les formes de mon travail. J’aborde des sujets variés. C’est mon observatoire. J’ai décidé d’observer le point, de retrouver le point minimal pour pouvoir appréhender le monde. Comme le reste, c’est un objet sans fin. Tout est toujours en mutation.

 

 

  • Mardi 4 avril à 20h30, mercredi 5 avril à 19h30, jeudi 7 avril à 20h30, samedi 8 avril à 17 heures au Volcan au Havre. Tarifs : 23 €, 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com