Klô PelgagElle a une voix limpide et caressante comme l’eau de source. Elle écrit des mélodies ensoleillées. Mais ses chansons peuvent être brûlantes. Il y a un contraste étonnant dans les titres de Klô Pelgag. La chanteuse québécoise partage de vives émotions avec un second degré et des jeux de mots qui font sourire dans ce premier album, L’Alchimie des monstres. Elle est mercredi 2 avril au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen dans le cadre du Café de la marine.

 

 

 

Qui sont ces monstres ?

Ce peut être tout : les humeurs, les émotions, les angoisses… qui se transforment ensuite en rêve. Je fais en sorte de sublimer, de porter tout cela vers le haut afin de tendre vers le beau. Comme une œuvre.

 

Petite, aviez-vous peur des monstres ?

Je crois. Petite, j’étais assez peureuse. Je le suis encore aujourd’hui. Il est facile de surprendre.

 

 

Qu’est-ce qui a nourri votre imaginaire ?

En fait, tout part de moi. J’ai beaucoup d’imagination. Tout est dans ma tête, dans mes rêves. Je suis aussi influencée par ce qui m’entoure. Je crois que nous sommes influencés par tout ce qui nous dérange.

 

Est-ce que les livres vous influencent ? Avez-vous lu des histoires de monstres quand vous étiez petite ?

Petite, ma mère me lisait des livres qui ne m’intéressaient pas trop. Peut-être n’était-ce pas les bons livres ? Je les trouvais dégradant. J’avais l’impression d’être traitée comme un bébé. A l’adolescence, mes lectures m’ont ouvert l’esprit.

 

Lesquelles ?

J’ai lu L’Ecume des jours de Boris Vian. Ce fut un déclic. Il ne décrit pas la réalité, il la sublime. Il parvient à sortir du réel, du quotidien qui est aliénant pour aller vers le beau. A l’adolescence, j’ai aussi découvert Ionesco. Ce fut aussi une lecture déterminante. Avec lui, j’ai découvert le théâtre de l’absurde, l’humour absurde et j’ai beaucoup aimé cela. J’y ai trouvé une profondeur, une intelligence…

 

Est-ce que ce sont ces lectures qui vont ont donné envie d’écrire ?

Non car j’ai toujours écrit. Très vite, j’ai été happée par divers sujets. Mes lectures m’ont permis de me rendre compte que je n’étais pas seule à penser de cette manière. Quand j’écris, je ne réfléchis pas. Il y a un côté spontané que j’apprécie. Si je réfléchis, j’ai peur de devenir une parodie de moi-même. C’est un acte de liberté.

 

La chanson est le format qui vous convient le mieux ?

J’aime la chanson pour son côté accessible et direct. On s’adresse au public. J’aime aussi la chanson parce que je peux écrire des harmonies, chercher des émotions. Il y a quelque chose d’inexplicable dans la chanson.

 

Est-ce que le roman vous tente ?

Oui mais c’est trop impressionnant encore pour moi. Je ne me sens pas suffisamment en confiance pour écrire un roman.

 

 

  • Mercredi 2 avril à 20h30 au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Tarifs : de 16 à 8 €. Réservation au 02 35 73 95 15 ou sur www.trianontransatlantique.com
  • Première partie : Marcie