Après Oussama, ce héros, La Cohue poursuit son exploration de la langue de Dennis Kelly avec Orphelins. Un huis clos à suspens que le collectif de Caen joue du mardi 5 au vendredi 8 février avec le Volcan au théâtre des Bains-Douches au Havre.

Liam débarque au milieu du dîner chez sa sœur, Helen, et son mari, Danny. Il est couvert de sang. Ses explications : il vient d’aider un étranger blessé victime d’une agression. Le couple va vite mettre en doute cette version. Liam s’embrouille dans ses explications et ne peut tenir un récit cohérent. Serait-il alors bien plus impliqué dans le crime du jeune homme qu’il ne le prétend ? Un fait qui arrive à un moment où le quartier connaît plusieurs périodes d’insécurité. Le couple vit un véritable dilemme. Faut-il prévenir la police ? Hélène a toujours protégé son petit frère depuis la mort de leurs parents dans l’incendie de leur maison. Quant à Danny, il a un autre regard parce qu’il a été récemment attaqué par une bande de voyous.

C’est l’histoire d’Orphelins, un texte de Dennis Kelly, dramaturge anglais en recherche sur les causes des violences dans la société contemporaine. Il raconte le monde, interroge les liens familiaux, les relations à l’autre. Lors de cette soirée, le frère, la sœur et son mari vont se dévoiler. Jusqu’alors chacun était enfermé dans des non-dits, avançait malgré tous les mensonges et les petites lâchetés. Les mettre en lumière déclenche une tension dans ce trio familial.

Dans une tension palpable

C’est cette tension que parvient à recréer La Cohue sur un plateau dans sa version d’Orphelins, jouée du mardi 5 au vendredi 6 février au théâtre des Bains-Douches au Havre. « Elle est palpable et apparaît sur les comédiens. C’est pour cette raison que nous avons choisi de jouer au milieu d’une petite jauge. Nous sommes en tri-frontal pour avoir une plus grande intimité avec le public. Tout entre en tension. Même lorsqu’il y a du silence. Avec cent personnes, c’est presque quelque chose de mécanique », explique Sophie Lebrun, comédienne, metteuse en scène et fondatrice de La Cohue. Orphelins devient un thriller haletant. Avec le collectif, ce ne sont pas seulement les comédiens qui sont envahis par le trouble des situations mais aussi le public, immergé dans ce drame.

Avec Orphelins, La Cohue termine sa trilogie consacrée aux violences et revient à l’écriture de Dennis Kelly. « C’est une langue de la parole, un langage de cinéma. Par ailleurs, Kelly défend très bien ses personnages. Il les a beaucoup étudiés. On ne peut pas les détester et on a envie de les aimer ».

Infos pratiques

  • Mardi 5, mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8 février à 20 heures au théâtre des Bains-Douches au Havre.
  • Spectacle tout public à partir de 14 ans.
  • Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com