Le cycle de L’Inventaire au Frac Normandie Rouen se déroule cette saison pendant l’été. Le volume 9 est présenté jusqu’au 25 août avec les œuvres acquises pendant les années 2003 et 2004.

Cet été, c’est L’Inventaire au Frac Normandie Rouen. Trois mois pour découvrir ou redécouvrir une partie de la collection, notamment les acquisitions effectuées en 2003 et 2004 lors de ce Volume 9 qui se tient jusqu’au 25 août. Cette édition « ouvre la porte aux artistes de la région. Il y a eu un travail de rencontres avec les jeunes diplômés, comme Dubilé, Mabille, Bertran Berrenger, Maheut… », remarque Véronique Souben, directrice du Frac. Elle interroge également la thématique du territoire et les modes de représentation de l’humain. Si les supports restent pluriels, la photographie prend une large place et la peinture s’expose en grand format et en couleurs.

Le volume 9 de L’Inventaire commence avec un dessin énigmatique d’un corps torturé de Maike Freiss. Benoît Pierre préfère figer les corps sur une surface floue. Quant à Douglas Gordon, il s’empare d’un portrait d’Ethel Barrymore, actrice américaine, découpe ses yeux pour les remplacer par des miroirs. La photographie devient un masque et questionne l’effet du dédoublement.

Absurde et poétique

Le Frac Normandie Rouen possède deux œuvres de Karl Moro évoquant la difficulté de saisir un portrait et la possibilité de l’échec. « Il recouvre, efface, ajoute des traces de pas, des biffures. Tout cela fait partie du processus de création ». Chloe Piene représente un silhouette tremblante, proche d’un squelette, de sa main gauche. Bertran Berrenger signe une vidéo absurde où le corps devient un instrument.

À voir également la grande installation de Guy Lemonnier, Fil d’or, lin seul. Cette fois, le corps est complètement absent de l’œuvre. Un lit de camp est entouré de nombreux objets dont des bobines de fils électriques. La solitude et la mort y sont fortement présentes.

Le sujet du paysage traverse ce nouvel Inventaire. Il y a tout d’abord la photographie documentaire en noir et blanc de Gabriele Basilico. Celle, très proche, de John Davies. Autre démarche : tel un peintre, Balthasar Burkhard immortalise La Vague à Étretat. Axel Hütte scrute les lignes géométriques des espaces. Comme Patrick Faigenbaum qui s’intéresse aux réalités sociales. Johann Maheut joue avec notre perception des paysages en recomposant diverses vues des parcs de Vincennes et de l’abbaye de Jumièges. De la poésie avec François-Xavier Courrèges qui s’attarde sur un arbre sans feuilles mais illuminé par une simple guirlande électrique.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 25 août, du mercredi au dimanche, de 13h30 à 18h30, au Frac Normandie Rouen à Sotteville-lès-Rouen.
  • Entrée libre.
  • Renseignements au 02 35 72 27 51 ou sur www.fracnormandierouen.fr