Premier clap pour le Courtivore mercredi 16 mai à l’Ariel à Mont-Saint-Aignan. Le festival consacré au court métrage dévoile les huit premiers films de la sélection dont Calamity de Maxime Feyers et Séverine de Streyker.

C’est le premier film qu’ils ont écrit ensemble. Maxime Feyers et Séverine de Streyker, deux scénaristes et réalisateurs belges au parcours parallèle, se sont retrouvés sur les mêmes envies d’une aventure cinématographique. « Au début, la coréalisation me faisait un peu peur. C’est difficile d’avoir les mêmes idées. Par ailleurs, écrire seule reste un moment douloureux parce que l’on n’a jamais de contrepoint. Ce film, je ne pouvais le faire qu’avec Maxime. Nous avons chacun un respect et une écoute naturels. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas eu de compromis ou de complaisance. Lorsque nous n’étions pas d’accord, nous poussions notre réflexion plus loin pour qu’une idée nous plaise à tous les deux. Ce travail est très enrichissant. J’en ressors grandie », confie Séverine de Streyker.

Jusqu’aux hallucinations

Pour leur première réalisation commune, présentée mercredi 16 mai lors de l’acte 1 du Courtivore, les deux artistes ont choisi un sujet brûlant, la transphobie. « Nous sommes partis sur l’idée d’un dîner de famille perturbé par un élément extérieur. Celui-ci va alors remettre en cause l’identité de chacun. Nous avons observé ce phénomène. Même si les familles se disent ouvertes, ce n’est pas si évident pour elle d’accepter une personne transgenre en son sein. C’est toujours plus facile lorsque cela se passe loin de soi ».

Calamity raconte l’histoire d’un couple de quinquagénaires qui découvre que Romain, son fils cadet, est amoureux de Cléo, une personne transgenre. Le monde s’écroule pour le père et la mère. Leurs points de repères ont disparu. Maxime Feyers et Séverine de Streyker abordent de manière frontale le sujet de la transphobie. Et non sans humour. Les deux réalisateurs emmènent alors dans les méandres de la pensée de parents en pleine déroute. « Ils ne contrôlent plus rien. La mère, la personne la plus ouverte, avec une plus grande empathie a des sensations et des perceptions décalées. Elle a des hallucinations. Comme le père qui n’imagine pas sa belle-fille, chanteuse, autrement que dans un cabaret érotique. Nous avons exploité les clichés avec une certaine distance pour dévoiler toute l’absurdité des situations ». 

La réunion de famille va vite prendre une tournure inattendue parce que tout échappe aux différents personnages. Le dîner sera une véritable calamité.

 

Le Courtivore, acte 1

  • Les Bigorneaux d’Alice Vial, fiction
  • Latin Babylon d’Ahmet Necdet Cupur, fiction
  • Calamity de Maxime Feyers et Séverine de Streyker, fiction
  • Pépé le morse de Lucrèce Andreae, animation
  • Lucky Day de Julien Léo Wolfenstein, fiction
  • Marlon de Jessica Palud, fiction
  • Hopptornet d’Axel Danielson et Maximilien van Aertryck, documentaire
  • La Vie sauvage de Laure Bourdon Parader, fiction
  • Mercredi 16 mai à 20 heures au cinéma Ariel à Mont-Saint-Aignan. Tarif : 4 €