C’est une ode à la tolérance dans une ville de Jérusalem du XIIe siècle. Nathan Le Sage, un texte de Lessing mis en scène par Dominique Lurcel, se joue mardi 27 novembre au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. 

Dominique Lurcel revient pour la troisième fois à Nathan Le Sage, un conte oriental écrit au XVIIIe siècle par Lessing. Les raisons ? Pour le fondateur des Passeurs de mémoires, il y a tout d’abord un manque d’intérêt pour ce texte, « quasiment jamais monté en France. En Allemagne, c’est une des pièces les plus célèbres. On peut compter une centaine de versions alors qu’il n’y en a qu’une dizaine en France ». Pourtant, Nathan Le Sage met un coup de pied dans les préjugés pour prôner la tolérance, défendre les différences, sources d’échanges et d’enrichissement. « Quand j’ai découvert ce texte, j’étais dans un état d’éblouissement ».

Ce texte de Lessing, écrit en 1779, est une fable qui se déroule à Jérusalem en 1187, période de la troisième croisade durant laquelle les peurs succèdent aux violences et aux conflits politiques et religieux. Nathan, un riche marchand, revient d’un long voyage et apprend que sa fille, Recha, a été sauvée des flammes par un Templier, prisonnier de Saladin. Il part alors à la recherche du jeune garçon pour le remercier de son geste. Lessing réunit ainsi trois hommes de confession différente : un juif, un chrétien et un musulman. « Nathan est un homme malin, un peu manipulateur. Il sait y faire avec les autres. Sa démarche est toujours généreuse parce qu’il fait avancer l’humanité. Saladin, c’est un type chaleureux. Quant au jeune Templier, il est l’ado dans toute sa splendeur, parfois méprisant et transfère tout sur Nathan ».

Nathan aujourd’hui

Nathan Le Sage s’impose une nouvelle fois à Dominique Lurcel « sous le coup de l’émotion et d’une actualité forte ». Le metteur en scène se penche à nouveau sur le texte à la suite des attentats de 2015 en France. « Nathan Le Sage est d’une richesse incroyable. C’est en même temps une pièce philosophique et un feuilleton romanesque. Tout va très vite ». Y revenir pour percer encore les mystères de ce conte. « Je pense qu’on n’en a jamais fini avec ce texte. On ne va jamais jusqu’au bout ».

Après avoir inscrit l’histoire au XIIe siècle, le temps de l’action, puis au XVIIIe siècle, le moment de l’écriture, Dominique Lurcel transpose Nathan Le Sage dans la société contemporaine. Comme pour signifier davantage l’urgence du propos de Lessing en ces instants tourmentés. Sur le plateau, un grand et magnifique tapis, lieu de rencontre d’une humanité réconciliée.

 

Infos pratiques

  • Mardi 27 novembre à 20h30 au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.
  • Tarifs : de 15 à 8 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 32 91 94 94.