C’est la Fashion Season à la Réunion des musées métropolitains ! Le nouveau Temps des collections aborde le thème de la mode dans les six musées. À Le Secq-des-Tournelles à Rouen, on peut voir certaines « robes importables » de Paco Rabanne.

C’est un créateur subversif qui a suscité le scandale. Il y a le Paco Rabanne s’illustrant largement dans la sphère médiatique avec ses prédictions loufoques de fin du monde. Il y a surtout le Paco Rabanne, couturier qui connaît un succès considérable dès sa première collection. Il faut dire que l’homme a le sens de la communication puisqu’il ose présenter 12 Robes importables en matériaux contemporains le 1er février 1966 sur Marteau sans maître, une musique de Pierre Boulez. Un vrai pari pour cet autodidacte.

Paco Rabanne, de son vrai nom Francisco Rabaneda y Cuervo, né en Espagne en 1934, est arrivé en France avec sa famille après l’assassinat de son père par les armées franquistes. Pendant ses études en architecture, il doit gagner sa vie et commence comme modéliste pour des maisons de couture avant de devenir fournisseur et créateur de petits accessoires. Pour Alexandra Bosc, conservatrice du patrimoine à la Réunion des musées métropolitains à Rouen, « Paco Rabanne s’est toujours posé en tant qu’artiste. Un artiste couturier et non un habilleur. Il considère ma haute couture comme un laboratoire de création. Il veut faire quelque chose de contemporain et aussi réussir vite ».

Scandale !

Paco Rabanne va alors travailler le métal. « À cette époque, le métal renvoie à la science fiction, à la conquête de l’espace ». Sa formation en architecture l’amène à avoir un rapport différente aux matériaux. Ce qui ne va pas vraiment plaire aux créateurs plus traditionnels. Coco Chanel ira jusqu’à déclarer : « ce n’est pas un couturier, mais un métallurgiste ! » Peu importe. Paco Rabanne opte pour un vocabulaire de la mode radical et va créer 12 robes en métal. Certaines sont constituées de plaques métalliques. Les autres sont des transpositions des cottes de mailles des tabliers de bouchers.

Le scandale vient aussi de l’image de la femme évoquée à travers ces créations. Paco Rabanne fait des femmes de véritables guerrières, érotise les corps, Lourdes et froides, les robes laissent entrevoir la peau nue entre les morceaux de tissus métalliques.  Ces œuvres vont marquer l’histoire de la mode puisqu’elles bousculent les codes de l’époque et redessinent les silhouettes.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 19 mai, tous les jours sauf le mardi et les jours fériés, de 14 heures à 18 heures au musée Le-Secq-des-Tournelles à Rouen.
  • Renseignements au 02 35 07 31 74