La compagnie étantdonné ne pouvait passer à côté de cet anniversaire. Elle propose Embrasser Le Regard samedi 14 avril au #LaboVictorHugo à Rouen lors des 24 Heures Duchamp imaginées par le festival Terres de Paroles.

photo Jérôme Ferron

Étant donnés : 1) la chute d’eau, 2) le gaz d’éclairage est une installation élaborée de manière secrète et volontairement posthume de Marcel Duchamp. Exposée au musée de Philadelphie aux États-Unis, elle est constituée d’une grande porte en bois percée de deux trous pour faire apparaître un mur en briques avec une brèche laissant découvrir une femme nue couchée sur un sol couvert de branchages. Avec cette pièce, Marcel Duchamp (1887-1968) interroge une nouvelle fois le regard du spectateur.

L’œuvre de Marcel Duchamp traverse les créations de la compagnie étantdonné. Ce n’est bien évidemment pas un hasard si Jérôme Ferron et Frédérike Unger, deux danseurs et chorégraphes rouennais, ont choisi ce nom. « Je travaille directement sur Marcel Duchamp. Sa démarche a toujours nourri mes réflexions. J’aime son côté élaboré, à la fois conceptuel et très léger. Mais ce qui m’a tout d’abord plu, c’est la question du statut de l’œuvre, sa manière de placer le spectateur en tant que voyeur. En fait, il pose une autre interrogation : qu’est-ce que tu regardes et non pas qu’est-ce que je te montre ? »

Pour les 24 Heures Duchamp, proposées samedi 14 et dimanche 15 avril à Rouen par le festival Terres de Paroles, La compagnie étantdonné revient sur cette problématique avec Embrasser Le Regard, une installation chorégraphique et plastique. « Quand le spectateur vient voir l’objet, c’est sa position qui donne un caractère, un statut à ce qu’il est en train de regarder », commente Jérôme Ferron. « Le regardeur fait l’œuvre », disait Duchamp. Il fera Embrasser Le Regard quand il sera devant une fenêtre pour découvrir cette création portée par un solo chorégraphique.